ALIOU SALL, PRESIDENT DE L'ASSOCIATION DES MAIRES DU SENEGAL : «Il est évident qu'il y a nécessité de retourner à  l'Assemblée, mais il ne faut pas qu'on se précipite»

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L'OBS – L'atelier d'évaluation de la mise en œuvre de l'An 1 de l'Acte III de la Décentralisation a été clôturé hier, après trois jours d'échanges. Les participants ont fait un bilan, non sans évoquer les difficultés rencontrées. Aliou Sall, président de l'Association des maires du Sénégal (Ams), a reconnu la nécessité de ramener la Loi portant Code général des collectivités locales à  l'Assemblée nationale, pour révision.A l'issue d'un atelier d'évaluation de trois jours, l'Association des maires du Sénégal (Ams) a fait le bilan de la première année de l'Acte III de la Décentralisation. A l'instar de plusieurs acteurs, le président de l'Ams est d'avis que le Code général des collectivités locales devrait retourner à  l'Assemblée nationale, mais il ne faudrait toutefois pas se précipiter. «Avant même que l'évaluation de l'Acte III ne soit proposée par le chef de l'Etat, il était question de faire retourner le Code général des collectivités locales à  l'Assemblée, pour une relecture et pour faire en sorte que certaines incohérences soient corrigées», fait savoir Aliou Sall. «Il est évident qu'il y a nécessité de retourner à  l'Assemblée, mais il ne faut pas qu'on se précipite pour ce qui concerne la révision du Code général.» Le maire de Guédiawaye estime que la plupart des problèmes sont liés au budget de fonctionnement des collectivités locales et pour cela, on n'a pas besoin de réviser le Code. «Par contre, il faut des mesures d'urgence, souligne-t-il. Il faut qu'avec les autorités gouvernementales, dans le cadre d'un dialogue entre différents ministères et avec les élus, qu'on puisse trouver les moyens de prendre des mesures d'urgence afin de permettre aux collectivités locales de fonctionner correctement. En attendant que l'évaluation soit terminée, on puisse, dans une démarche inclusive, faire en sorte de réviser convenablement le Code général et l'ensemble des autres textes impactant la vie des collectivités locales.» Selon Aliou Sall, certaines collectivités locales sont dans l'impossibilité de payer les salaires et d'autres vont s'ajouter à  la liste. «Parallèlement au processus de relecture de Code général des collectivités locales, il faut un processus express d'urgence pour renflouer certaines collectivités locales qui sont dans la crise», précise-t-il.AN 1 de l'Acte III : les difficultés. Si les participants à  l'atelier d'évaluation ont salué l'orientation générale et la politique définie par l'Acte III, qui se résume à  la territorialisation des politiques publiques, des difficultés ont tout de même étaient relevées, après une année de pratique. «Elles sont liées à  l'absence ou à  l'insuffisance de ressources nécessaires au développement des collectivités locales, à  la difficulté du dialogue social, un dialogue territorial qui doit être permanent et marqué de sérénité entre les élus, les fonctionnaires et l'ensemble des acteurs territoriaux», indique Aliou Sall. Des difficultés relatives au statut de l'élu local ont aussi été signalées. «L'élu local, qui est un agent particulier de l'Etat qui s'appelle maire, n'a pas moins de dignité que les autres agents de l'Etat qui ont leur statut. Nous demandons que le statut de l'élu local et le statut du maire soient reconnus et revalorisés. Pourquoi les maires ne peuvent pas avoir de voitures de fonction par exemple ?» S'interroge le président de l'Ams. Les maires du Sénégal estiment qu'il n'est pas «ostentatoire de demander que les traitements et indemnités des maires soient valorisés raisonnablement et harmonisés, afin que l'équité entre les territoires soit une réalité».En définitive, Aliou Sall estime que, globalement, les conclusions de l'atelier vont dans le sens de la confirmation de l'adhésion de l'Ams aux grandes orientations de l'Acte III de la décentralisation. «Nos conclusions vont aussi dans le sens de demander un dialogue permanent et surtout une possibilité de relecture de certains aspects techniques de l'Acte III, notamment les questions liées à  l'augmentation des ressources et à  la mutualisation d'un certain nombre de moyens pour que l'équité et la territorialisation des politiques publiques soient effectives.» Les conclusions seront consignées dans un mémorandum qui sera transmis au chef de l'Etat, et qui représentera la contribution de l'Ams à  la révision du Code général des collectivités locales et de l'Acte III de la décentralisation. L'Ams appelle ses membres à  plus de sérénité, mais également les autorités à  plus d'écoute.ADAMA DIENG

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