Appel de Christchurch: Facebook va limiter l'utilisation des vidéos en direct

Appel de Christchurch: Facebook va limiter l'utilisation des vidéos en direct

Leral Le 2019-05-16  Source

Il y a deux mois, le 15 mars, le tueur de Christchurch massacrait 51 personnes dans une mosquée, une tuerie qu'il avait diffusée en direct sur Facebook. Le réseau social, qui est toujours très critiqué pour son manque de réaction face à de telles utilisations de sa plateforme, a annoncé ce mercredi des mesures. Cela coïncide avec la visite de Jessica Ardern à Paris. La Premiere ministre néo-zélandaise y lance son appel de Christchurch, justement pour limiter la diffusion de messages terroristes sur internet.

17 minutes. C'est la durée de la vidéo diffusée sur Facebook par le tueur de Christchurch pendant qu'il perpétrait son massacre. 17 minutes sans que le réseau social n'intervienne. De nombreux internautes ont ainsi pu la voir en direct et surtout en faire des copies, plusieurs millions au total.

Ce n'est pas la première fois que la fonction « Live » de Facebook pose problème. Des suicides, des meurtres, des viols, des actes de torture avaient déjà été diffusés par le même canal.

Mais cette fois, l'entreprise de Mark Zuckerberg est obligée de réagir. Ainsi, dès ce mercredi, un utilisateur ne pourra plus diffuser de vidéo en direct s'il a enfreint les règles les plus sensibles de Facebook.

Le réseau ne précise pas lesquelles, il prend l'exemple de quelqu'un qui aurait partagé le communiqué d'un groupe terroriste sans aucun élément de contexte.

Cette mesure peut potentiellement limiter les abus, mais elle ne pourra pas les empêcher pour autant puisque cette interdiction est limitée dans le temps.

Une autre annonce a été faite ce mercredi lors de la réunion : l'investissement de 7 millions d'euros dans la recherche. L'objectif est de développer un outil capable d'effacer automatiquement les copies de vidéos et notamment repérer les versions parfois modifiées, recadrées, les plus compliquées à détecter aujourd'hui.

Vingt-six pays et géants d'Internet ont rallié « l'appel de Christchurch » lancé à l'Elysée contre les contenus en ligne « terroristes et extrémistes violents », deux mois après la diffusion en direct sur Facebook de l'attaque contre des mosquées en Nouvelle-Zélande.

Par cet appel, initié par la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern et Emmanuel Macron, les plateformes internet, dont les leaders Facebook (et ses filiales WhatsApp et Instagram) et Google (et sa filiale YouTube) s'engagent à prévenir le téléchargement et la diffusion de ces contenus, y compris par « leur retrait immédiat et permanent ».

En revanche les Etats-Unis ont annoncé qu'ils ne signeraient pas le texte, au nom de la liberté d'expression, même s'ils en soutenaient les principes. Manquent aussi les grands réseaux sociaux chinois, comme Wechat.

RFI

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