BACHELIERE A 15 ANS : Coumba Sinath Diagne veut devenir pédiatre

Plus jeune bachelière du Sénégal en 2020, Coumba Sinath Diagne veut devenir pédiatre. Elle rêve d'aider et de soigner les enfants. Avec son Baccalauréat S2, elle pense pouvoir intégrer la faculté de Médecine de l'université Cheikh Anta Diop ou de bénéficier d'une bourse d'études.

Elle perpétue la tradition et marche sur les pas de son ainé Cheikh Abdou Mbacké Diagne. Coumba Sinath Diagne a décroché le Baccalauréat l'âge de 15 ans. Trouvée chez elle au quartier Thierno Kandji, quelques encablures du lycée technique Cheikh Ahmadou Bamba, la jeune fille, drapée dans son boubou "ndokett'' en tissu wax, est toute contente comme ses parents. Revenant sur son cursus, Coumba Sinath Diagne, mince, noirceur d'ébène, a débuté sa scolarité au Gabon. Dans ce pays, la différence avec le Sénégal réside dans le fait qu'il n'y a pas de classe de CI. Tous les élèves, après la maternelle, font le CP et on procède un système de tri où les meilleurs élèves sont encadrés. Ce qui fait que la plupart d'entre eux réussissent l'examen d'entrée en 6e l'âge de 9 ans et le Bfem 12 ans. C'est le cas de Coumba Sinath Diagne.

D'ailleurs, pour passer le Bfem, sa maman a dû batailler ferme et montrer les preuves aux autorités académiques de la région de Diourbel. Madame Diagne, née Daouda Nafissath Boladé Abedje, informe d'ailleurs que pour que sa fille passe le Bfem, cet âge, "c'était la croix et la bannière. Les autorités académiques avaient refusé avant qu'elles ne soient convaincues que l'enfant est bien né en 2004. Au Gabon, c'est l'âge de 3 ans que les enfants débutent la maternelle. J'ai dit aux autorités que l'âge de ma fille ne devait pas constituer un handicap, d'autant plus qu'elle a été bonne élève de la 6e la 3e. J'ai dû leur présenter tous ses bulletins de notes''.

Revenant sur son cursus, Coumba Sinath Diagne, élève Keur Khadim, nouvelle bachelière en Série S2, mention "Passable'' avec une moyenne de 11/20, confie qu'elle est née le 20 mars 2004 Diourbel. "J'ai commencé mon cursus scolaire Libreville, au Gabon. J'ai commencé 3 ans la petite section, 4 ans la moyenne section et 5 ans la grande section. Et puis j'ai fait deux classes en une année CP1 et CP2, CE1 et CE2, CM1 et CM2. Ce qui fait que je suis venue 9 ans en classe de 6e; 10 ans en 5e, 11 ans en 4e, 12 ans en 3e et 15 ans en terminale. J'ai eu mon Bac au premier tour. En terminale, j'ai eu une moyenne de 10 au premier semestre et j'ai voulu avoir plus au second. C'est comme ça que je fonctionne. Si, au premier semestre, j'ai une moyenne qui n'est pas trop bien, je me lance un défi au second semestre pour élever la barre et j'ai eu une moyenne de 11,86 au second semestre''.

Le Bac en poche, elle rêve de devenir pédiatre. "Je vais demander être orientée la faculté de Médecine pour être pédiatre afin d'aider les enfants qui sont en difficulté. Je m'attendais avoir le Bac 15 ans, parce que depuis toute petite, je me suis fixé des objectifs et pour le moment, j'ai atteint certains. Au cours de mon cursus scolaire, j'ai été entourée par de bons parents, de bons amis qui visent vraiment loin. Un grand frère qui me demande toujours de suivre ses traces, parce que lui aussi a eu son Bac 15 ans''.

La Covid-19 a impacté négativement sur les résultats de la fille. "Dans ce contexte de crise sanitaire, tout n'a pas été facile. Il y avait les révisions pour être jour, être l'heure l'école, se fixer des objectifs. Mais ce n'était pas évident. C'était vraiment très difficile'', avoue-t-elle.

Coumba Diagne est revenue au Sénégal, alors qu'elle devait faire la classe de 4e. Sa maman, ancienne coiffeuse, est ménagère au Sénégal. Elle fait tout pour que ses enfants réussissent. Interpellée sur le choix de sa fille, Mme Diagne confie: "La santé, ce n'est pas pour être riche, mais c'est pour aider les autres. J'ai 5 enfants; elle est la deuxième. On est revenu s'installer en 2015. C'est quelqu'un qui aime les enfants. Elle a toujours dit vouloir devenir pédiatre.'' Son papa, El Hadj Abdoulaye Diagne, a vécu 37 ans au Gabon où il vendait des tissus "lagos' au Gabon et des sandales.

Il a travaillé et a séjourné en Guinée équatoriale, en Chine, en Côte d'Ivoire, en Afrique du Sud, en Inde. "Je n'ai pas intégré l'école française, mais j'ai appris le Coran. Si j'investis dans l'éducation de mes enfants, c'est pour leur assurer un avenir prometteur, parce que le monde actuel est un monde de lettrés. Ce qui veut dire que tous ceux qui n'ont pas la chance de faire des études poussées risquent d'être exclus des instances de décision. Et j'ai l'impérieux devoir de donner cette chance mes enfants, parce que convaincu que maintenant, pour réussir, il faut faire des études''.

Boucar Aliou Diallo

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