Chassés "comme des malpropres" l'arrivée de Macky Sall Keur Massar: 144 délégués de quartier crient leur amertume

Chassés "comme des malpropres" l'arrivée de Macky Sall Keur Massar: 144 délégués de quartier crient leur amertume

Setal Le 2020-09-18  Source
Plusieurs délégués de quartier de la Commune de Keur Massar, dans la banlieue dakaroise, ont fait face la presse ce jeudi 17 septembre 2020, l'unité 3 des Parcelles Assainies de Keur Massar, pour dénoncer le comportement des autorités étatiques l'occasion de la visite du président de la République Macky Sall. Ecartés du protocole, les 144 délégués de quartiers qui demandent être reçus par le chef de l'Etat, exigent l'évacuation rapide des eaux, et réclament un canal pour sortir définitivement Keur Massar des inondations. Selon eux, une somme de plus de 3 millions de F CFA a été débloquée sans aucun franc de la mairie, ni de l'Etat, pour construire un bassin.

«Nous sommes venus aujourd'hui pour accueillir le président de la République Macky Sall. Mais malheureusement pour nous, on nous dit que l'accès est limité. Nous sommes au nombre de 144 délégués de quartier. Un seul chef de quartier est autorisé, celui de l'unité 3. Nos doléances sont nombreuses. La priorité pour nous, c'est de curer l'eau ici. Ce n'est pas une première. Personne ne nous associe. Quand ça chauffe, ils pensent nous. Ce qui nous fait plus mal. Nous exigeons ce que le Président nous reçoit», a dénoncé Assane Fall, président délégué de quartier de la Commune de Keur Massar.
"Nous avons payé des motopompes et construit un canal avec notre propre argent"
Mamadou Sène délégué de quartier Kamine Bass, qui dit être chassé comme un malpropre par les forces de l'ordres, parle d'une situation deux niveaux. «C'est moi qui accueille les étrangers. On m'a fait travailler, depuis hier (mercredi). Le président est 100 mètres de moi, je ne peux pas le voir. On vient me dire oui, c'est le protocole qui l'exige. Notre problème, c'est qu'on nous règle le problème de l'eau. La situation, c'est deux niveaux. Pour le curage de l'eau, la solution structurelle, c'est celle définitive. Il faut qu'on nous construise un grand canal venu de Kamil Bass (OH3)», dit-il.
"A l'arrivée du Président, on nous a chassés comme des malpropres"
Poursuivant ces propos, M. Sène ajoute : «Nous avons pris nos propres moyens pour faire un canal. C'est ce qui nous a sauvé cette année. C'est nous qui avions payé des pompes avec nos propres moyens. Nous avons débloqué sans aucun franc de la mairie ni de l'Etat, pour construire un bassin au moins, 3 voir 4 millions de F CFA. Le chef de l'Etat est venu, on nous a écarté. Nous ne l'avons même pas aperçu. En tant que délégué de quartier, il devait nous recevoir, parler avec nous. On m'a chassé comme un mal propre».

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