CHATIMENTS CORPORELS : Un maitre coranique mis aux arrêts

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Hier, un maitre coranique, pour avoir enchainé des talibés, a été arrêté à  Diourbel par la gendarmerie. Il sera présenté au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Diourbel.

 

Les ch'timents corporels exercés sur des enfants sont une violation de leurs droits au respect de leur dignité humaine et de leur intégrité physique et à  une protection égale devant la loi. Parfois cautionnés par les pratiques culturelles, ils pourraient aussi constituer une violation de l’article 21 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (CADBE/Charte) qui oblige les Etats parties à  prendre »˜’toutes les mesures appropriées pour éliminer les pratiques sociales et culturelles nuisant au bien-être, à  la dignité, à  la croissance et au développement normaux de l’enfant… ».

Au Sénégal en général et dans la région de Diourbel en particulier, la violation des droits des enfants talibés est devenue une règle. Non contents de les faire habiter la plupart du temps dans des maisons en construction ou bien vétustes, ceux qui sont censés leur enseigner les frappent et les enchaine même des fois pour les empêcher de fuir.

Vendredi encore, en dépit des nombreuses sensibilisations, un maître coranique a été mis aux arrêts. Ibrahima Dieng, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été mis aux arrêts par la brigade de gendarmerie de Diourbel. Il avait enchaîné des talibés. Le sieur Dieng, qui est responsable d’un »˜’daara » sis au sous-quartier élevage à  côté du service technique de la Sonatel, devra répondre de ses actes au terme de sa garde à  vue. En dépit des pressions maraboutiques et des maîtres coraniques, il sera présenté au procureur de la République. 

Cette charte, actuellement ratifiée par 47 Etats membres de l’Union africaine, joue un rôle crucial dans la protection des enfants contre la violence, y compris des ch'timents corporels. Elle exige que les Etats s’assurent que les parents, les enseignants dans les écoles, etc., respectent la dignité humaine de l’enfant, les protègent de toutes les formes de torture et traitements inhumains ou dégradants infligés par les parents et autres personnes s’occupant de l’enfant, et que les enfants en détention ne soient pas soumis à  la torture ou à  des peines ou traitements inhumains ou dégradants.

Boucar Aliou Diallo

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