Chroniques de rendez-vous ratés !
Hier, lundi 11 mai, le ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, Ndeye Saly Diop Dieng, a donné le top départ du retour en famille de plus de 300 enfants retirés de la rue dans la cadre du programme d'urgence décidé par le chef de l'Etat Macky Sall en ces temps de crise sanitaire. Ces enfants viennent s'ajouter ceux déj ramenés chez eux.

Pour favoriser ce retour de ces mineurs en famille, Ndeye Saly Diop Dieng informe que des centres d'accueil ont été aménagés et équipés pour accueillir les enfants en situation difficile. Mieux, selon elle, un plan de communication, qui prend en compte les enjeux de la politique de retrait, a été élaboré pour appuyer le dispositif de protection et de promotion du retour volontaire des enfants. Ce plan d'urgence vient en renfort la politique de retrait menée depuis l'avènement du Covid-19, le 2 mars dernier. Ces enfants qui vont retrouver la chaleur familiale doivent le salut au Covid-19. N'eût été, peut-être, cette maladie la propagation inquiétante, ils resteraient toujours dans la rue. La mendicité, le travail et l'exploitation infantile semble être une règle dans le pays. Dans beaucoup de grandes villes, ils font parties du décor quotidien.

Dans les marchés, les gares routières, les quais de pêches, les grande artères ou autres lieux de grands rassemblements, ils sont en permanence visibles, vêtus de loques, têtes crasseuses, marchant pieds nus sous le soleil ardant et caniculaire, entre autres signes de leur mal vivre. Toutefois, ce vécu n'indigne généralement qu'en situation de crise. En effet, le sort pitoyable de ces enfants ne suscite la nécessité de la prise de décision qu'en cas d'événements malheureux. Pis, les mesures prises dans «l'euphorie des malheurs» ne donnent pas toujours le résultat souhaité. Les engagements s'estompent petit petit. Tel un fétu de paille qu'emporte le vent, ils tombent quasiment tous dans l'oubli des drames dont la gravité continue d'émouvoir plus d'un.

MEURTRES D'ENFANTS: JUSTE L'EMOI DEVANT UNE ATROCITE

Le président Macky Sall, requérant du plan d'urgence du retrait des enfants de la rue en cette période de pandémie de Covid19, avait pourtant annoncé des mesures antérieures qui n'ont pas donné les résultats escomptés. En 2018, avec la vague d'enlèvements, de meurtres et/ou de tentatives de kidnapping d'enfants, des mesures ont été prises. Au mois de mai 2019, le président Macky Sall avait donné un deadline pour résoudre définitivement le problème des enfants de la rue. Dans son mot de clôture au lancement du dialogue national, mardi 28 mai 2019, il avait dit avoir «instruit» son ministre de l'Intérieur pour une résolution définitive de la situation. «Le problème des enfants de la rue sera réglée de façon définitive, après la fête de la Korité. J'en ai discuté avec Aly Ngouille Ndiaye (ministre de l'Intérieur, Ndlr). Une précision, je ne parle pas des enfants talibés, qui étudient le Coran. Car je suis aussi d'accord que les écoles coraniques doivent être répertoriées et subventionnées», avait-il dit. Seulement, après cette annonce ambitieuse, rien de plus n'a été enregistré. Les quelques enfants retirés n'ont constitué qu'un nombre peu significatif, comparé l'ampleur et le nombre d'enfants de la rue. D'ailleurs, un autre engagement a été décliné également en 2016 pour mettre un terme l'errance des enfants, mais il n'a pas aussi atteint le but recherché. Il s'agit de cette autre déclaration faite par le président de la République, Macky Sall, le 6 juillet 2016, après la prière de l'Aïd el-Fitr. «J'ai donné des instructions très fermes au gouvernement pour mettre un terme cette image insoutenable d'enfants abandonnés dans la rue. Ce n'est pas parce qu'ils sont issus de milieux pauvres ou modestes qu'on doit les laisser la merci de la rue», a-t-il dit. Auparavant, le 1er juillet, Macky Sall avait dévoilé cette intention sur son compte twitter : «Pour la protection des droits des enfants et groupes vulnérables, j'ai ordonné le retrait d'urgence des enfants des rues», avait-il posté.

L'INCENDIE DE LA MEDINA, LE DECLIC RATE

Déj, en mars 2013, neuf enfants sont morts calcinés après l'incendie de leur «daara» la Médina. Le président Macky Sall, qui s'est rendu sur les lieux du sinistre, avait annoncé la fermeture d'écoles coraniques qui ne répondent pas aux normes. «Il faudra fermer tout établissement qui ne répond pas aux normes. Le gouvernement va identifier partout des sites comme celui-ci pour qu'ils soient fermés, les enfants récupérés et remis leurs parentset les autres enfants venus de la sousrégion remis aux autorités de leurs pays respectifs», avait-il dit. Mieux, le chef de l'Etat avait aussi indiqué que des mesures urgentes et fortes seront prises pour, surtout, mettre un terme l'exploitation des enfants simplement sous le prétexte qu'ils sont talibés. «Nous ne sommes pas contre la charité, mais nous sommes contre la mendicité des enfants», avait fait savoir. Plusieurs années après ces fortes déclarations, la mendicité des enfants continue de plus belle, en dépit de l'existence d'une loi la condamnant, depuis 2005.

INITIATIVES SOUS WADE, LE FAUX DEPART

L'ancien chef de l'Etat, Abdoulaye Wade, président l'ouverture d'une conférence internationale sur la parité hommes-femmes, en juin 2011, avait fait état de sa volonté de mettre un terme l'errance des enfants. «Je suis prêt pendre des lois pour ne plus voir les enfants dans la rue. L'Etat doit vous (les parents) obliger nourrir vos enfants. Nous devons modifier certaines règles de comportement. Les enfants dans la rue, c'est inacceptable ! Ils (les parents) doivent les nourrir et les éduquer», avait-il insisté, avant d'ajouter: «si tout le monde est d'accord, on prendra des lois». Par ailleurs, il avait fait appel un changement de mentalité, déplorant le fait que des gens fassent des enfants pour les abandonner leurs mères, sans les nourrir ni prendre soin d'eux. «Il faut mettre fin tout ça et emmener les parents assumer leurs responsabilités». Hélas! Ce souhait du président de la République, Abdoulaye Wade de faire vivre tous les enfants sous le toit familial, n'aura duré que le temps d'une rose. Des réticences ont fait que le projet dirigé par son Premier ministre de l'époque, Souleymane Ndéne Ndiaye, a connu un revers cuisant. Toutes ces initiatives et déclarations notées ç et l montrent que les autorités ont toujours pris des décisions pour lutter contre le phénomène des enfants de la rue, sans qu'une solution définitive ne soit trouvée. Faute de volonté politique et détermination réelle dans l'application.

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