Cinéma -«Vent divin»: la quête d'épure de Merzak Allouache

Dans le petit village du Sahara où il vit chez une vieille femme que tous nomment «Hadja», Amine (Mohamed Oughlis) passe son temps en prières. Presque sans paroles, le début de Vent divin suggère une attente dont on ne connaît pas encore l'objet. Une anxiété. Dans sa bouche, qu'il ne consacre qu' eux, sa logeuse et son père dont les appels téléphoniques constituent le seul lien du garçon avec le reste du monde, les versets du Coran se bousculent parfois. Pour chasser d'autres pensées peut-être, ou simplement pour bousculer le silence du désert où il s'aventure parfois. Comme dans le premier plan du film, où il émerge d'une montagne, l'air étourdi. Avant d'aller reprendre des forces grâce la soupe que lui prépare chaque soir Hadja, puis d'entamer sa prière du soir. Et ainsi de suite, jusqu' l'arrivée d'une nouvelle locataire. Soit Nour (Sarah Layssac), dont les paroles éclairent - son prénom signifie «lumière», en arabe - la nervosité d'Amine: tous les deux doivent préparer un attentat dans une raffinerie de pétrole.

Une jeunesse dans le désert

Très sensible Tunis, où Vent divin a été projeté quelques jours après l'attentat perpétré au centre-ville par une femme kamikaze, le terrorisme islamiste est au coeur de plusieurs autres films de la compétition officielle de la 29e édition des Journées cinématographiques de Carthage. Du long-métrage de fiction Fatwa de Mahmoud Ben Mahmoud notamment, où un Tunisien installé en France enquête sur la radicalisation de son fils, mort dans un accident de moto. Et du beau court-métrage Brotherhood, où la Tunisienne Meryam Joobeur imagine le retour parmi les siens, dans un village du nord de la Tunisie, d'un jeune homme parti combattre en Syrie. Dans ce contexte de prise en charge par les cinéastes du monde arabe d'un sujet traité par la plupart des médias d'une manière manichéenne, Merzak Allouache opte pour le traitement d'une réalité très peu documentée: la vie des auteurs d'attentats-suicides. Leur quotidien avant la fin.

Après son passionnant docu-fiction autoproduit Enquête au paradis (2017), où une jeune journaliste sillonnait l'Algérie pour questionner les représentations du paradis dans son pays - cela aussi bien chez les artistes et les intellectuels que dans les milieux populaires -, Merzak Allouache revient la fiction résolument politique qu'il pratique de manière......

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