Comment «Johny Ba» et Ousmane Yara ont tenté de rabibocher Wade et Macky

Dimanche dernier, Dioni ba alias « Johny ba » baptisait sa dernière-née. Laquelle porte désormais le nom de la femme d'affaires et politicienne Oumou Salama Tall. La particularité de ce baptême, c'est que tout ce que le pays compte comme personnalités, du parti au pouvoir surtout, s'y est bousculé. Normal puisque Dioni ba, en plus d'être un « jet-setteur », est aussi et avant tout un homme de réseaux et de relations. Doté d'un carnet d'adresses impressionnant, ayant le contact facile, il s'est fait des amis partout. Surtout dans le monde politique. Avant de faire son apparition au Sénégal dans les années 2000 pour créer un mouvement de soutien l'ancien ministre de l'intérieur Me Ousmane Ngom, « Dioni » s'était fait un nom et des amitiés haut placées au Gabon où il avait réussi intégrer la famille présidentielle, celle des Bongo. Au Sénégal, il a évolué un moment dans le giron du président Wade avant de faire la connaissance d'un certain... Macky Sall, alors ministre puis Premier ministre et président de l'assemblée nationale.

Après l'accession de ce dernier la magistrature suprême, bien qu'il ait roulé pour les Wade en 2012, il ne s'est pas retrouvé loin des cercles du pouvoir. Jusqu' ce fameux texto « de chantage » envoyé la Première dame et qui lui a valu son emprisonnement rebeuss où était alors détenu un certain... Karim Meïssa Wade. L'épreuve contribué rapprocher les deux hommes si bien qu' sa sortie de prison, « Dioniba » ne jurait plus que par Karim Wade qu'il défendait en tous temps et en tous lieux... Jusqu' la veille de dernière présidentielle où, par l'intermédiaire du journaliste mauritanien Abdallah, patron de l'agence Sahara Médias, il s'est réconcilié avec le président Macky Sall. Sans relâche, il a battu campagne pour ce dernier parvenant rallier sa cause beaucoup de « karimistes » qui, le 24 février dernier, malgré la consigne officielle de boycott du Pds, ont voté pour le président sortant.

C'est « Dioniba » qui a vendu Abdallah, très introduit au Palais où il entre comme dans un moulin "" et très lié aux Marocains aussi "" l'idée de réconcilier Wade et Macky Sall. Il fut retenu de solliciter le président guinéen Alpha Condé en ce sens. Ce dernier, au cours d'une audience accordée Abdallah, aurait exigé avant de s'engager un mandat écrit de son homologue sénégalais. Informé, Macky Sall a refusé catégoriquement de rédiger un quelconque document en ce sens. « Ce n'est pas dans la tradition du Sénégal de faire ce genre de choses » au- rait-il dit. Devant cette fin de non-recevoir, Abdallah se retire.

Et Ousmane Yara entra en action

Nullement découragé, « Dioniba » se tourne vers son ami Ousmane yara, homme d'affaires malien proche de plusieurs chefs d'Etat africains dont Alpha Condé. C'est Yara et Dioniba qui convainquent l'ancien président de la république, Me Abdoulaye Wade, d'effectuer le voyage de Conakry. il faut dire que Wade et Yara sont de vieilles connaissances puisque, au début de la première alternance, en 2000, ils se voyaient régulièrement. en effet, le malien travaillait avec un grand groupe allemand qui négociait un important contrat d'infrastructures. torpillé dans des conditions scandaleuses, le groupe avait décidé de se retirer en jurant de ne plus jamais essayer de travailler en Afrique. Les relations entre Wade et Yara s'étaient refroidies après cet épisode...

Contrairement ce qui a été écrit au moment des faits, l'avion ayant transporté l'ancien président de la République en Guinée n'a pas été affrété par Ousmane Yara lui- même mais, plutôt, par un homme d'affaires malien, un certain M. Diarra, établi en Côte d'ivoire et ami de M. Séméga, le haut commissaire de l'omvs. Pour donner le plus de chances de réussite leur médiation, Yara a convaincu des chefs d'Etat d'appeler Wade et Macky pour les pousser se parler. De ce qu'on en sait, il n'y a pas eu de négociations proprement parler mais Wade aurait été convaincu de renoncer son idée de « brûler les bureaux de vote » voire le pays le 24 février. En échange de quoi, le président Sall pourrait faire un geste en faveur de son fils Karim en cas de réélection. Une perspective qui a eu pour effet de ramener Wade de meilleurs sentiments. Et de l'empêcher d'appeler voter pour Idrissa Seck.

il paraît qu'au cours du dernier séjour du président Paris, les « médiateurs » lui auraient rappelé sa promesse Wade. « Promesse ? Quelle promesse ? Mais je ne me suis jamais engagé rien et je ne suis redevable de rien du tout vis--vis de Wade ! » Les aurait-il rembarrés. Mais on raconte tellement de choses dans ce pays...

Christian sene

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