COVID -19 – DISPOSITIF SANITAIRE DANS LES ECOLES : C’est le désert dans le département de Mbour

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Du 1er au 14 janvier 2021, 3 038 nouvelles infections à  la Covid-19 ont été enregistrées au Sénégal. Un chiffre assez alarmant, qui bat des records de propagation de la pandémie, aux yeux des acteurs de l’éducation qui sentent que leurs élèves et eux-mêmes sont exposés. A Mbour, les responsables des unités syndicales de base du Cusems et du Saems tirent la sonnette d’alarme.

 

La virulence de la deuxième vague de coronavirus a installé la peur chez certains.

En effet, la courbe ne cesse de monter de jour en jour et les cas de contamination se comptent par centaines au quotidien. Cette situation constitue la source de l’angoisse des enseignants du département de Mbour qui se sentent plus que jamais exposés à  ce virus qui continue de faire des ravages dans le monde entier. L’année dernière, ce fut au mois de mars que l’école avait fermé ses portes pour reprendre quelques mois plus tard, pour les classes d’examens uniquement. Les classes intermédiaires sont restées à  la maison jusqu’au mois de novembre, pour retourner en classe. Ce qui constitue un handicap grave à  l’atteinte du quantum horaire. Au moment o๠cette interruption des cours survenait, le Sénégal comptabilisait moins de 100 cas de Covid-19.

Aujourd’hui que c’est des centaines de nouvelles contaminations quotidiennes, les acteurs de l’éducation s’inquiètent. Dans ce contexte, la région de Dakar et celle Thiès sont reconnues comme l’épicentre de la maladie. Un couvre-feu de 21 h à  5 h du matin y est instauré depuis le 4 janvier. Mais les écoles de ces zones semblent être oubliées. Dans certaines d’entre elles, c’est le désert total. Sur le plan du dispositif sanitaire, le protocole d’accord que l’Etat avait signé avec les acteurs de l’éducation n’est plus respecté. Dans le département de Mbour, ce sont les responsables syndicaux qui tirent la sonnette d’alarme sur le respect des gestes barrières dans les établissements. »˜’A propos du dispositif sanitaire dans l’établissement, il y a un rel'chement total au lycée Demba Diop qui est le troisième plus grand lycée du Sénégal, après celui de Djignabo de Ziguinchor et Seydina Limamoulaye de Guédiawaye, réunissant alors plus de cinq mille 'mes », regrette le secrétaire général du Cusems dans le département de Mbour, Djockel Faye. »˜’A Demba Diop, le dispositif n’est plus respecté. Il n’y a pas de savon, presque pas de gel et nous ne disposons juste que de quelques lave-mains et les élèves ne les utilisent pas. Le corps professoral est exposé à  d’énormes risques de contamination », regrette-t-il.

Que dire du port des masques ? »˜’Les masques ne sont pas portés dans la cour. Dans les classes, il n’y a plus aucun contrôle. La distanciation physique est la consigne sanitaire la moins respectée dans l’établissement. Les élèves s’entassent dans les salles de classe comme des pots de sardines. Il y en qui s’asseyent à  trois. C’est vraiment très inquiétant », s’attriste-t-il.

Le secrétaire général de l’Unité syndicale de base du SAEMS, Djiby Diaw, est on ne peut moins critique. Pour lui, »˜’le dispositif sanitaire mis en place à  l’école est juste acceptable ». Il regrette l’absence de thermo-flash, mais assure que »˜’les surveillants veillent à  ce que les élèves portent leur masque. Il y a aussi un dispositif de lavage de mains. De plus, fait-il savoir, »˜’le respect de toutes les mesures barrières est impossible, à  l’école.  A la fin de l’année scolaire 2020, il n’y avait que les élèves en classes d’examen qui suivaient les cours. Pour autant, on n’avait pas pu respecter les mesures barrières, à  plus forte raison aujourd’hui qu’on reçoit tous les élèves », explique le syndicaliste par ailleurs professeur d’anglais.

Ainsi, de 500 mille élèves, les écoles sont passées à  presque 4 millions d’écoliers. »˜’Il est impossible, au Sénégal, de respecter les mesures barrières dans les écoles. Nos classes sont petites et aujourd’hui, elles doivent recevoir en moyenne 75 élèves », indique-t-il.

S’il est difficile de faire respecter la distanciation sociale dans les classes, elle est quasi impossible dans la cour. Ces syndicalistes pensent qu’il faut plus de prise de conscience des potaches. Par conséquent, ils demandent aux parents d’élèves d’informer davantage les enfants, de veiller à  ce qu’ils aient au quotidien du gel hydro-alcoolique et leur masque. »˜’Comme on a pu acheter des cahiers et des livres pour nos enfants, on devrait aujourd’hui aller dans le sens de doter chaque enfant d’un gel et d’un masque. Nous savons tous que l’Etat est impuissant par rapport à  ce qui se passe dans ces écoles-là  et l’exemple de la rentrée de juin l’avait montré », a indiqué le responsable syndical. Il précise : »˜’Nous disons que la seule proposition aujourd’hui qui vaille, c’est que les parents prennent eux-mêmes la responsabilité de veiller à  ce que leurs enfants soient en sécurité, puisque l’Etat a failli à  sa mission de préserver l’école et les citoyens. »

Par contre, pour Djockel Faye, »˜’face à  ces inquiétudes réelles, nous proposons le respect strict des mesures barrières, la mise en place imminente de commissions de veille, la mise à  la disposition du lycée de trois à  quatre ASP pour exiger le respect des mesures barrières ».

Ces syndicalistes ne veulent pas d’une nouvelle fermeture des écoles. »˜’Je trouve cette mesure impertinente, dans la mesure o๠on nous demande de vivre avec le virus. Si on en arrivait-là , cela n’empêcherait nullement la propagation du virus et mettrait l’économie du pays, déjà  fragile, à  genoux », assure Djockel Faye.

Djiby Diaw trouve qu’il serait paradoxal de prendre une telle décision. »˜’On ne peut pas demander aux gens de continuer à  travailler jusqu’à  la fin du semestre et de fermer les écoles après. Ce serait paradoxal », estime-t-il.

IDRISSA AMINATA NIANG

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