Covid-19 : premier week-end confiné pour le Pas-de-Calais

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Le Pas-de-Calais vit samedi son premier week-end d’un nouveau confinement pour endiguer l’épidémie de Covid-19, « toujours préoccupante » selon Santé publique France, sur fond d’accélération de la campagne nationale de vaccination.

Face à  la propagation du virus et de variants, le gouvernement mise sur l’extension d’une mesure déjà  en vigueur dans les agglomérations de Dunkerque et Nice.

Pour plus de deux millions de personnes, cela signifie une attestation dérogatoire pour tout déplacement, et la limite de 5 km et une heure autour du domicile pour prendre l’air, en ce week-end ensoleillé.

C’est aussi une difficulté supplémentaire pour les commerces du département du Pas-de-Calais, qui comme partout ailleurs tentaient de rattraper le samedi les ventes qu’ils ne réalisent pas la semaine en étant contraints de fermer à  18h00. Ceux non essentiels de 5.000 m² ou plus de surface utile ont même été fermés par arrêté préfectoral.

«Quatre samedis, c’est vraiment un gros coup dur», expliquait vendredi Sarah Pruvost, dans sa boutique de textile à  Arras.

L’exécutif justifie la mesure par la forte tension sur les capacités hospitalières, remplies à  «90%» selon le préfet, et la prévalence du variant anglais du virus, plus contagieux et détecté dans plus de deux tiers des cas dans le département.

Avec 149.307 cas détectés durant la dernière semaine de février (+7%) en France et près de 3.700 malades du Covid-19 en réanimation, la situation reste préoccupante.

«Les disparités territoriales sont importantes et nécessitent une adaptation à  l’échelle locale des mesures de contrôle de l’épidémie», rappelait vendredi Santé publique France, avec comme régions «les plus touchées» Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Hauts-de-France et Ile-de-France.

Mais selon le maire (RN) d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Steeve Briois, la mesure «a pour effet de stigmatiser» les habitants, qui sont «sanctionnés et traités différemment parce que l’Etat accumule les défaillances».

L’exécutif insiste sur l’accélération de la vaccination, avec pour objectif 10 millions de premières injections à  la mi-avril, 20 millions à  la mi-mai et 30 millions cet été. Actuellement, moins de 3,4 millions de Français ont reçu au moins une dose.

A la date de jeudi, c’était le cas de 5,1% de la population française. Les chiffres sont bas dans certains des 21 départements «sous surveillance renforcée»: 2,8% en Seine-Saint-Denis, 3,0% en Seine-et-Marne, 4,1% dans le Pas-de-Calais ou encore 4,4% dans le Rhône.

Le Pas-de-Calais ouvre de nouveaux centres de vaccination ce week-end, avec 7.000 doses du vaccin Pfizer et 3.500 doses de celui d’AstraZeneca à  administrer, comme à  Lens par exemple.

«Hier soir (vendredi) c’était la panique, nous n’avions qu’un inscrit pour 1.800 doses. Depuis ça s’est rempli et les doses devraient être écoulées», a expliqué à  l’AFP la communauté d’agglomération de Lens-Liévin. Mais «la population est au rendez-vous, ça se passe bien», confirmait à  l’AFP samedi matin le maire de Lens, Sylvain Robert (PS).

Le Premier ministre Jean Castex, qui se rendra dans l’après-midi dans un centre éphémère de vaccination dans l’Essonne, a promis que le gouvernement allait «mettre le paquet sur la vaccination» en mars et avril car les prochaines semaines resteront «très sensibles».

Une centaine de centres de vaccination sont ouverts samedi et dimanche en région parisienne, pour écouler «une allocation exceptionnelle de 51.000 doses de vaccins Pfizer», soit la totalité des doses injectées dans toute la France certains jours, a annoncé l’Agence régionale de santé Ile-de-France.

Selon son directeur Aurélien Rousseau, cité par Le Parisien, si le calendrier manque de clarté, c’est qu’«il y a beaucoup d’incertitudes sur les livraisons» des laboratoires. Ce week-end sont ciblés d’abord les plus de 75 ans, «autant de personnes qu’on n’aura pas en réanimation», précise-t-il. Une opération de «vaccination de masse» car «le temps presse», a expliqué le préfet de police de Paris, Didier Lallement depuis une caserne de pompiers transformée en centre de vaccination.

Quatre hôpitaux militaires ouvrent par ailleurs des centres de vaccination ce week-end, à  Metz, Toulon, Saint-Mandé (Val-de-Marne) et Villenave-d’Ornon (Gironde).

L’Ordre des médecins a rappelé à  «tous les soignants» qu’il était «urgent» de se faire vacciner, par «devoir d’exemplarité» et «exigence éthique». Seuls 30% d’entre eux l’ont été jusqu’à  présent, un niveau jugé très insuffisant par les autorités.

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