DES FEMMES VICTIMES D’INTIMIDATION ET DE MENACES DE MORT : Le C2P2FS écrit au ministre de l’Intérieur

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Le Collectif pour la promotion et la protection des droits des femmes et des filles au Sénégal a écrit au ministre de l’Intérieur Antoine Felix Diome, pour se plaindre de menaces et actes d’intimidation.

 

»˜’Les femmes ont le droit de s’exprimer librement, sans crainte de représailles ». C’est par cette précision que le Collectif pour la promotion et la protection des droits des femmes et des filles au Sénégal (C2P2FS) débute la lettre qu’il a adressée au ministre de l’Intérieur Antoine Felix Diome. Selon le collectif, depuis l’accusation d’Adji Sarr pour »˜’viols répétés » et »˜’menaces de mort » contre Ousmane Sonko, et suite à  leur communiqué plaidant pour l’accès à  une justice équitable pour les deux parties en l’espèce, leurs membres ainsi que des femmes de médias sont victimes de menaces de mort et de violences verbales.

Pour rappel, leur position dans cette affaire, loin d’une quelconque position partisane, appelle au respect strict des droits fondamentaux de la présumée victime qui peut également bénéficier d’une présomption de bonne foi ou d’innocence, au même titre que le présumé accusé.

A ce jour, selon elles, leur structure a noté que plus d’une dizaine de femmes qui, dans l’exercice de leur métier en toute responsabilité, sont menacées à  travers les réseaux sociaux. »˜’Il s’agit ici d’une tentative notoire d’intimidation à  l’endroit des femmes qui se prononcent, dans le cadre de leur métier, sur cette affaire d’accusation de viol.

Des femmes journalistes, des activistes féministes et des femmes défenseurs des droits humains sont victimes de menaces de mort, d’injures et de menaces de viol. A titre individuel, elles ont le choix, évidemment, de porter plainte avec toutes les preuves à  l’appui. Ces menaces ont pour but de nous réduire au silence et de faire de nous de simples spectatrices. Ce qui ne saurait être toléré dans un pays tel que le nôtre qui s’est positionné, sur le plan continental et international, en exemple sur les questions de promotion et de protection des droits des femmes et des filles », souligne le collectif.

Il demande au ministre de veiller à  la sécurité de tous les citoyens et de toutes les citoyennes, de garantir celle des concitoyennes et de traduire en justice toute personne, quelle que soit son obédience politique, qui use de menaces pour les intimider. »˜’Nous exigeons le droit de faire entendre nos voix et d’exercer nos métiers respectifs, librement, sur toutes les plateformes, sans crainte de représailles, sachant que nous faisons notre travail, tout en respectant les principes fondamentaux du maintien de l’ordre public. Il est inconcevable que les réseaux sociaux deviennent une zone de non-droit. Le harcèlement y est constant et l’impunité semble être la règle. Nous avons également vu proliférer, au niveau des plateaux télévisés, de la presse en ligne, des émissions radios, des discours misogynes et sexistes dégradants envers les femmes », dénonce le C2P2FS. Selon qui le Sénégal capitalise plus d’un demi-siècle de lutte pour l’amélioration des conditions de vie des femmes et des filles sénégalaises, et de protection de leurs droits fondamentaux.

Ses membres ne souhaitent pas que cette affaire marque le début de la régression des acquis obtenus après tant d’années de lutte acharnée pour l’équité et l’égalité de genre. Ce droit d’expression, elles y tiennent et elles se battront toujours pour le garder.

CHEIKH THIAM

 

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