[EDITO DU JOUR] Sory Kabale !
À se demander si l'Apr et ses membres sont fâchés avec la franchise et le langage de vérité. Pour un parti au pouvoir et qui aspire y demeurer, il y a de quoi s'inquiéter lorsque le parti, la tête, cherche occulter le débat sur la succession de Macky Sall. Une question qui vient de valoir un limogeage au directeur des Sénégalais de l'extérieur, victime d'une «Kaba-le» depuis sa sortie sur l'impossibilité du chef de l'Etat prétendre un troisième mandat.

Pourquoi persister vouloir empêcher les Sénégalais de débattre de la succession du président Macky Sall qui entame son second (et dernier mandat?) la tête de l'Etat. Cette question du troisième mandat, qui a servi de prétexte officiellement au référendum constitutionnel de 2016, était alors présentée par le pouvoir et ses soutiens comme une manière de clore définitivement la polémique qui mine la démocratie dans le continent, de la Côte d'ivoire la Guinée en passant par le Sénégal.

Depuis lors, le pouvoir et ses lieutenants, chaque sortie, bottent en touche tout en entretenant le flou sur un éventuel troisième mandat auquel le président Macky Sall pourrait aspirer, contrairement ce que ce dernier a toujours soutenu dans les médias, au pays comme l'étranger. Inutile de rappeler que Macky Sall, comme Wade, est le président qui clignote gauche, pour virer droite. Lui-même avait promis de s'appliquer la réduction du mandat présidentiel de 7 5 ans, dès son premier mandat de 2012, et de mettre en œuvre la limitation du nombre de mandats, 2, sans tenir parole. Mais le ver était bien dans le fruit du texte constitutionnel soumis au peuple lors d'un référendum qui apparemment, a épousé les contours d'un abus de confiance, d'une trahison nationale signée du chef de l'Etat et des rédacteurs du texte constitutionnel, puisque comportant en son sein, une brèche permettant au président de la république de pouvoir briguer un troisième mandat en toute légalité.

À peine Wade réélu en 2007, la polémique autour du troisième mandat était évoquée, mais assumée avec courage, par un 'wax waxete' parfois convainquant. En 2019, moins d'un an après la réélection de Sall, la question qui dérange revient au galop, et met très mal l'aise le pouvoir qui aurait dû l'évacuer, par pudeur.

En limogeant Sory Kaba de son poste, Macky Sall pose un acte notoire et entame dorénavant un bras de fer avec les Sénégalais, autour d'un troisième mandat comme c'est déj le cas en Guinée. Pour ceux qui en doutaient, le chef de l'Etat sénégalais vient de renforcer leurs soupçons, qu'il fera du Condé, qu'il cherchera briguer un troisième mandat qu'il annoncera officiellement, en temps opportun. Par cet acte, Macky Sall démontre qu'il n'est pas dans les dispositions de quitter le pouvoir en 2024 comme convenu. Au peuple sénégalais, appartient le dernier mot. Le même peuple souverain, qui, en 2012, avait su se défaire, avec intelligence, du troisième mandat de son vieux président.

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