ESCROQUERIE A LA STATION ELTON DE PIKINE : Ibrahima Diédhiou gruge 11 millions

Attrait à la barre hier pour escroquerie portant sur 11 millions, le manager de la station Elton de Pikine, Ibrahima Diédhiou, a été condamné à 2 ans assortis du sursis, en plus d'une rondelette somme de 10 millions en guise de dommages et intérêts.

Manager de la station Elton de Pikine depuis plus de 10 ans, Ibrahima Diédhiou a soutenu, hier, devant la juridiction des flagrants délits,avoir constaté des écarts dans le système depuis le 26 septembre et les avaient signalés. A l'en croire, il a attesté que ce n'est qu'au 29 du mois dernier que le contrôleur est venu procéder au constat et qu'il a reçu, au bout de 48 heures, une convocation de la Division des investigations criminelles (Dic).

En effet, Ibrahima aurait intentionnellement zippé des cartes d'hydrocarbures depuis le mois de mars, pour tromper le système et faire croire à l'administration d'Elton qu'il les avaient vendues et, au mois de septembre, les a ressorties et remises en circulation, puisqu'il n'avait pas apposé de cachets sur lesdites cartes. Le préjudice s'élève à 11 millions dont 7 provenant des manquements des cartes et 4 millions en numéraires.

Madame Fall, une des cadres d'Elton, est convaincue de sa culpabilité. "Le système n'est jamais tombé en panne au mois de mars, comme il le prétend. Sinon, il n'aurait pas pu zipper les cartes. Le service de la station d'Elton de Front de terre nous a interpellés pour nous faire part des tickets provenant de notre station qui sont caduques depuis mars. J'ai une liste de 47 individus avec leurs noms et immatriculations", a-t-elle témoigné.

En sa qualité de témoin, Samba Niasse, contrôleur à Elton, a certifié que sur les 7 millions de manquements, 4 millions ont été reconnus par des clients sur des crédits autorisés. Mais il ajoute que "chaque année, on lui demande de fournir la liste des débiteurs avec le plafond fixé pour vérifier les crédits autorisés, mais il ne le fournissait pas".

Quant au prévenu, il nie les faits pour lesquels il a comparu et a plaidé un défaut du système, avant de rejeter la faute sur son volume de travail: "Courant mars, on avait un problème au niveau du système qui s'est rétabli quelque temps après. De plus, il peut arriver, avec le grand nombre de tickets que je zippe, que j'oublie d'apposer le cachet. Facilement, on peut tomber dans la routine", s'est-il dédouané. En effet, son travail consiste à récupérer les tickets déjà collectés par les pompistes, d'y mettre une mention avant de les zipper.

Pour les 7 millions, il prétend avoir accordé des crédits autorisés et non autorisés à certains clients.

Le conseiller de la partie civile trouve qu'il n'y a pas l'ombre d'un doute sur sa culpabilité. Selon lui, faire plus de 10 ans quelque part est largement suffisant pour étudier les failles du système: "Il y a beaucoup de stations à Dakar et c'est lui seul qui comparait. Il y a suffisamment d'éléments pour établir le délit d'escroquerie. Dans l'enquête préliminaire, son ami du nom de Biagui a été entendu et avait déclaré que le prévenu est venu le voir un jour pour lui demander de lui garder son argent, puisqu'il n'a pas de compte en banque et il lui ramenait de fortes sommes", a-t-il martelé avant de demander la somme ronde de 10 millions de francs pour préjudices causés.

Le parquet a observé une machination faite par le prévenu pour gruger la société Elton. "Il appartient au manager d'effectuer le contrôle des tickets. Il n'arrive pas à justifier ce manquement", a-t-il soutenu. Il a demandé au tribunal d'entrer en voie de condamnation. Il a requis à son encontre 2 ans dont 6 mois ferme.

Maitres Abdou Dialy Kane et Amadou Sow de la défense ont trouvé que l'infraction d'escroquerie envisagée par le parquet pose problème et que la remise n'a pas été prouvée, ni par Elton ni par le parquet. "L'escroquerie n'est pas constituée de façon indiscutable en l'espèce", ont-ils plaidé, avant de demander la relaxe de ce chef. Ils ont trouvé que l'abus de confiance peut être envisagé à la place et ont demandé une application extrêmement bienveillante de la loi.

Le tribunal a décidé de condamner Ibrahima Diedhiou du chef d'escroquerie à une peine d'emprisonnement de 2 ans assortis de sursis et le contraint à payer la somme ronde de 10 millions de francs à la partie civile.

FAMA TALL (STAGIAIRE)

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