Fort taux d'endettement : La covid-19, un remède pour l'Afrique ?

Sans la pandémie du coronavirus, l'Afrque n'allait pas voir sa dette suspendre temporairement ou annulée. Cette éventualité sera une véritable aubaine pour ls pays pauvres d'Afrique dont certains se sont fortement endettés. Le cas du Sénégal.

Cri de détresse

Avec la pandémie du covid-19, les conséquences économiques de la pandémie s'annoncent très graves pour cette région qui pourrait connaître une récession pour la première fois en un quart de siècle. «Cet épisode, c'est l'équivalent de la grippe espagnole doublée de la crise de 1929», a assuré l'ancien banquier d'affaire Tidjane Thiam, aujourd'hui membre d'un cercle de réflexion économique monté en avril par l'Union africaine.

Organisé en ligne, ce débat qui réunissait cinq présidents africains avait pour objectif de définir les priorités pour sortir au plus vite l'économie africaine de son marasme. Tous s'entendent pour demander une importante aide internationale. «C'est un phénomène qui est né hors d'Afrique et qui pourtant frappe l'Afrique le plus durement. Il est donc naturel de nous aider», a souligné Uhuru Kenyatta, président du Kenya.

Avant lui, le président Sénégalais était le premier crier sous tous les toits pour que les grandes puissances et les créanciers annulent puissent la dette de l'Afrique en raison de la pandémie de coronavirus. Un appel auquel a fait écho celui de son homologue français, Emmanuel Macron, qui estime que la France et l'Europe doivent aider l'Afrique lutter contre le Covid-19, en annulant massivement sa dette.

Suspension temporaire

Face la demande de certains Présidents africains, les ministres des Finances du G20 ne se sont mis d'accord que sur une suspension temporaire du service de la dette des pays les plus pauvres.

«Si l'humanité est attachée la paix et la stabilité, l'allégement de la dette peut contribuer accélérer la sortie d'une situation de pandémie un rebond vers un développement durable», affirme le secrétaire exécutif de l'OQSF, un service placé sous la tutelle du ministère sénégalais de l'Economie.

Véritable aubaine

«La croissance économique devrait rester solide, au-dessus de 6%, et l'inflation devrait être contenue autour de 2% en 2017. Toutefois, la dette publique a continué de croître et le service de la dette devrait augmenter, de 24% des recettes de l'Etat en 2014 30% en 2017», a conclu le FMI dans un communiqué l'issue de la 5ème mission de contrôle prévue par l'instrument de soutien la politique économique (PSI) approuvé en juin 2015.

L'institution de Bretton Woods estime que le déficit budgétaire devrait atteindre 367 milliards de francs CFA (560 millions d'euros) en 2018, soit 3,5% du PIB. Pour limiter un service de la dette trop élevé moyen terme, elle appelle réduire encore les exonérations fiscales, notamment celles faible impact socio-économique, intégrer les recettes parafiscales au budget et évaluer tous les nouveaux projets d'investissements financés l'intérieur du pays. « Si ces mesures sont mises en oeuvre en 2018, elles devraient aider réduire d'ici 10 ans le service de la dette au niveau de 2014».

Si la forte demande des pays africains se réalise avec l'annulation de la dette des pays pauvres eût égard la situation que connait le monde avec la pandémie du covid-19 qui n'a pas encore fini de drainer son lot de malheurs, des pays comme le Sénégal, fortement endettés vont alors pousser un grand ouf de soulagement.

Le Président Macky Sall est accusé de s'être trop endetté, notamment dans la réalisation de ses grands chantiers, dont le Train Expresse régional (Ter).
Pape Alassane Mboup

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