Guinée : Renvoi du procès des membres du FNDC arrêtés en amont de manifestations

Guinée : Renvoi du procès des membres du FNDC arrêtés en amont de manifestations

Seneweb Le 2019-10-17  Source
Le procès des membres du FNDC arrêtés ce weekend à Conakry avant des manifestations et de deux autres personnes a débuté ce mercredi 16 octobre. Ils sont poursuivis pour "manÂœuvres et actes de nature à compromettre la sécurité publique et à occasionner des troubles à l'ordre public".

Sekou Koundouno du Balai Citoyen raconte son arrestation par des hommes armés, cagoulés, qui le conduisent à la "villa 26" base des Renseignements généraux. À sa suite, Bailo Barry, les yeux fatigués mais le sourire aux lèvres, ne reconnaît pas non plus les faits. "Je n'ai fait que mon travail", assure Abdoulaye Oumou Sow, journaliste et blogueur.

Ils relatent leur détention, jugée "dégradante" par leur avocate Halimatou Camara. "En 2019, il est impensable, en République de Guinée, que des hommes cagoulés descendent au domicile d'un honnête citoyen sous prétexte que la sécurité publique serait menacée. C'est complètement ahurissant."

Dispositif policier

À l'extérieur, un important dispositif policier maintien d'abord les journalistes à distance avant de les laisser assister à la seconde partie du procès.

À la barre, Abdourahamane Sanoh, coordinateur national, lit une déclaration du FNDC appelant les citoyens à manifester, les entreprises à fermer boutique. Les questions du président portent essentiellement sur ce texte : qui l'a écrit ? Pourquoi ?

Me Mohammed Traoré défend également les prévenus. "Ces citoyens, conformément à la Constitution, ont demandé à leurs concitoyens de sortir manifester leur opposition à un changement de Constitution dont le but est, incontestablement, d'instaurer une présidence à vie en République de Guinée."

"Tribune politique"

Tous plaident "non coupable" et réaffirment leur volonté de lutter contre un éventuel troisième mandat pour le président Alpha Condé. Dans une ambiance parfois houleuse, les prévenus lancent un dernier "amoulanfé" ("ça ne passera pas" en langue Soussou), le cri de ralliement du FNDC.

"Ce n'est pas tribune politique !", s'insurge le procureur qui demande le renvoi du procès. Le président accède à la demande. La prochaine audience est fixée à vendredi.

Renvoyé au 18 également, le procès d'Elie Kamano et une vingtaine d'autres poursuivis pour "participation délictueuse à un attroupement". Un renvoi à Mamou où plusieurs dizaines de prévenus comparaissaient pour des faits similaires.

Nous vous recommandons