HUMAN RIGHT WATCH PRESSE LE SENEGAL
Etant donné l'ampleur et la gravité des abus documentés dans son rapport, le gouvernement sénégalais devrait de toute urgence s'engager prendre des mesures exhaustives pour mettre fin ces maltraitances, traduire en justice les auteurs de ces actes, renforcer les services de protection de l'enfance et inspecter et réglementer les daaras existants l'échelle nationale; recommande Human Right Watch (HRW).

Par ailleurs, l'organisation conseille au Sénégal de poursuivre en justice les maîtres coraniques qui forcent des enfants quémander de l'argent, ils devraient faire l'objet d'une enquête et de poursuites en vertu de la loi sénégalaise relative la lutte contre la traite des personnes promulguée en 2005. Aussi, les maîtres qui battent, enchaînent ou font subir des sévices physiques ou sexuels quels qu'ils soient aux talibés qui leur ont été confiés devraient également être poursuivis en justice, insiste l'ONG de défense des droits humains.

Pour HRW, les parents qui envoient intentionnellement leurs enfants dans des daaras caractérisés par l'exploitation ou d'autres abus, ou qui les forcent y retourner, devraient faire l'objet de sanctions juridiques pour avoir sciemment exposé leurs enfants des abus. Lors de la prise de décisions concernant de tels recours judiciaires, les autorités sont appelés envisager des mesures qui seraient dans l'intérêt supérieur de l'enfant, notamment en s'assurant qu'un membre de sa famille ou un tuteur désigné est disponible pour le prendre en charge.

En outre, HRW préconise les programmes gouvernementaux de réduction de la mendicité des enfants soient déployés au-del de Dakar afin d'atteindre les milliers de talibés qui mendient dans les autres régions du pays. Aussi le gouvernement devrait il mettre des fonds la disposition des daaras qui accordent la priorité l'éducation des enfants et respectent leurs droits.

Dans le cadre de sa stratégie nationale de protection de l'enfant, le gouvernement est invité renforcer ses mécanismes de protection de l'enfance, notamment en octroyant des ressources suffisantes aux centres d'accueil pour enfants et aux services de protection de l'enfance travers le pays. Le gouvernement devrait également s'assurer que les travailleurs sociaux et les membres des Comités départementaux de protection de l'enfant (CDPE) avertissent immédiatement la Police ou le Procureur de la République s'ils soupçonnent que des talibés font l'objet d'abus, de négligence ou sont contraints mendier. Il faudrait ce titre inclure tous les cas d'enfants talibés qui déclarent avoir été battus pour n'avoir pas obtenu le montant réclamé par le maître; les cas où des maîtres coraniques ne veillent pas ce qu'un enfant malade ou blessé reçoive rapidement des soins médicaux; et les cas où des talibés ont été blessés ou tués dans un accident de la route alors qu'ils mendiaient ou dans l'incendie d'un daara pendant que le marabout était absent.

Dès lors, il reviendra aux policiers de toutes les régions de mener rapidement des enquêtes sur les cas où des maîtres coraniques sont soupçonnés de maltraiter ou d'exploiter des enfants, notamment en assurant un suivi auprès des travailleurs sociaux et en se rendant dans les daaras en question. HRW relève qu'il est primordial que les daaras existants soient soumis une réglementation et des inspections, de signaler ceux qui mettent en danger la santé et la sécurité des enfants la mairie ou la préfecture, lesquelles devraient activement inspecter et fermer les daaras en question, comme l'ont fait les communes de Médina et de Gueule-Tapée Fass-Colobane Dakar.

Afin de mettre en oeuvre les normes nationales relatives au fonctionnement des daaras et, dans l'idéal, de contribuer au développement de nouvelles politiques en matière de réglementation et d'inspection, enjoint l'Assemblée nationale, de toute urgence, adopter le projet de loi portant statut des daaras.

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