Il est temps de confiner le Président (Cheikh Tidiane Diéye)

Je comprends bien qu'il était utile de discuter avec l'opposition parlementaire en amont, pour déterminer les modalités et conditions d'adoption et de mise en oeuvre d'une Loi d'habilitation. Encore que, dans le contexte actuel, un échange téléphonique aurait pu suffire.

Mais le défilé incessant de personnes au palais de la République m?est incompréhensible. Car il ne renvoie pas seulement des signaux contradictoires la population quant aux mesures de sécurité sanitaire prendre, notamment la distanciation sociale et l'évitement des déplacements. Il met aussi clairement en danger le Président, Commandant en Chef dans cette guerre que nous menons. A partir du moment où le virus est dans la communauté, chaque individu, y compris ceux qui rentrent au Palais, en devient un potentiel porteur. Il suffit alors de toucher une rampe d'escalier, un vase, un micro, l'accoudoir d'un fauteuil, etc. pour y déposer le virus, avant qu'un autre ne le ramasse pour l'amener ailleurs.

Le Professeur Seydi, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de Fann vient de nous rappeler que le grand danger est encore devant nous. La légèreté et le relâchement ne doivent pas venir d'en haut. Or j'ai le désagréable sentiment que les autorités ne montrent pas encore, par leur comportement, que l'heure est vraiment grave.

Si cela peut rassurer le Président, qu'il sache que tout le monde est derrière lui, avec lui. Il n'a pas besoin de recevoir tout le monde, pour bâtir le consensus autour de la pandémie. Il faut tout juste qu'on le préserve pour qu'il continue de commander. L'exemple du Premier Ministre Britannique Boris Johnson devrait montrer tous les Chefs d'Etat qu'ils ne sont pas l'abri, en dépit des précautions que leurs équipes peuvent prendre.

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