«Il faut mettre sur pied un comité national de gestion de l'enveloppe et des vivres»

«Il faut mettre sur pied un comité national de gestion de l'enveloppe et des vivres»

Sudonline Le 2020-04-01  Source
«Jusqu'ici l'Etat a bien joué de la façon la plus transparente et franchement on voit le travail qui est fait par le ministre de la Santé, les équipes du Professeur Seydi. Ils ne sont pas dans le déni de la transparence. Cela suscite la confiance de tout le monde. De la même manière, on ne peut pas confiner les gens, parce que quand même dans notre société, l'informel c'est 80 90% de la population, c'est--dire que quand les gens ne sortent pas, ils ne mangent pas. Donc, il ne faut pas mettre les gens dans la situation de se dire«si je sors, je meurs, si je reste chez moi je crève de faim, je meurs. Donc, je suis obligé de sortir». Il faut les sortir du dilemme».

DES MESURES D'ACCOMPAGNEMENT AVANT LE CONFINEMENT

«Il faut donc effectivement avoir des mesures d'accompagnement qu'il faut mettre immédiatement avec le confinement. Parce que la chose s'aggrave et il n'y a qu'une solution disponible, c'est la prévention. La prévention, c'est empêcher la propagation. Eviter la propagation, c'est de dire aux gens de rester chez eux. Parce qu'on ne voit pas le virus, n'importe qui est devenu suspect, porteur du virus. La solution, c'est de faire de façon générale les tests, sur tout le monde. A partir de ce moment, je pense qu'on pourrait rationaliser le confinement. Mais, le confinement appelle immédiatement, et ça c'est un Prix Nobel qui l'a dit, «ouvrez les vannes de la dépense publique pour combattre effectivement le Coronavirus».

METTRE SUR PIED UN COMITE NATIONAL DE GESTION DE L'ENVELOPPE ET DES VIVRES

«Pour rassurer tout le monde, garder l'unité, il faut que la transparence prévale dans la distribution du budget, de son évaluation, avec des critères. Pour qu'il y ait plus de transparence, je pense qu'il faut mettre sur pied un comité national de gestion la fois, et de l'enveloppe et de la distribution des vivres, sous la supervision de l'Etat. Que le comité soit composé de personnalités venues d'horizons divers et qui sont dignes de confiance. Quand vous voulez distribuer, il faut que les élus locaux soient dedans, la société civile, c'est ça l'en-commun. A partir de ce moment-l, on peut éviter la politisation de la distribution des vivres. Ce serait un délit grave de politiser et d'instrumentaliser tous les moyens de lutte contre le Coronavirus. Ce serait vraiment une faute politique de le faire. Nous avons même vu des bouteilles de gel qui portent l'effigie d'hommes politiques. ?a montre que c'est parti. La gestion de l'argent public avec les Sénégalais, avec les Africains, est notre point faible, notre talon d'Achille. Le jour où on aura réglé ça, on aura réglé beaucoup de problèmes en Afrique».

ALLIER LE CONCEPT DE L'EN-COMMUN ET LA REDDITION DES COMPTES

«Donc, il nous faut aller vers quelque chose de nouveau avec le Coronavirus. Cela veut dire continuer aller dans le concept de l'en-commun. Le concept, on le manipule, mais ça veut dire être d'accord sur la manière dont la gouvernance doit se passer. Mais, après il faut la reddition des comptes. On ne chasse pas l'Etat. La construction de l'en-commun, c'est l'ensemble des acteurs de la société qui sont ensemble et qui gèrent la crise ensemble. ?a va créer une confiance. On a un chef d'orchestre, c'est le président de la République, c'est l'Etat. Mais, il faut que chacun joue sa partition».

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