«Il faut redéfinir le seuil pour se rendre compte que les Sénégalais sont de plus en plus pauvres»

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«Je pense que nous venons d’une situation d’embellie parce que à  l’issue du Programme d’Action prioritaire 1 (PACT 1) 2014-2018 qui a été donc lancé dans le cadre du PSE. Le Sénégal était dans une bonne dynamique de bonne croissance. Rappelez-vous que de 4, 2% en 2014, nous sommes passés à  5% en 2017, 6,6% en 2018 et 7% pratiquement en 2019. Ce qui fait une moyenne de 5% de croissance sur le plan macro-économique. Alors que la période 2006 et 2011 était caractérisée par un taux de croissance beaucoup moindre, avec une moyenne de 3%. C’est ce qui fait que la pauvreté avait chuté jusqu’à  38% environ. Aujourd’hui, il y a un contexte qui est là , c’est la COVID-19 qui a eu ses effets», a déclaré l’économiste, enseignant-chercheur à  l’Université Iba Der Thiam de Thiès.

Invité de l’émission dominicale de Sud FM, Mounir Ndiaye d’ajouter : «il y a eu un dernier rapport qui a été publié par l’ANSD concernant la pauvreté avec 6 millions de sénégalais qui sont pauvres. Mais un taux de pauvreté qui a baissé sur le plan des statistiques. Pour vous dire simplement qu’il y a deux choses : l’une, c’est cette embellie sur le plan macro-économique ; et de l’autre, il y a la réalité du terrain». Donc, poursuit l’économiste «je pense que si on dit que sur 17 millions de Sénégalais, il y a eu 6 millions seulement qui sont pauvres cela peut quand même laisser à  réfléchir pour voir qu’est-ce que les Sénégalais sentent. Ou bien, est ce qu’il faudrait redéfinir la notion de pauvreté qui signifie qu’il faut 2 euros ou 2 dollars par jour pour vivre correctement dans la société». «C’est vrai que si on fixe la limite à  2 dollars, effectivement on peut dire que 6 millions de sénégalais sont pauvres», a-t-il précisé. D’ailleurs, souligne M. Ndiaye «si on regarde réellement ce qu’on peut faire avec deux dollars, soit 1200 F CFA ou 1100 F CFA, on se rend compte également qu’il faudrait relever le taux parce que même 5 dollars par jour ça ne permet pas de vivre correctement. En effet, il faut redéfinir les seuils et si on redéfinit cela on se rendra compte que beaucoup de sénégalais sont de plus en plus pauvres».

Toutefois, «cela ne remet pas en cause les efforts qui sont fait parle l’Etat du Sénégal pour trouver des solutions aux problèmes des sénégalais. Car, nous savons qu’à  partir de 2012, il y a eu de les bourses de sécurité familiale qui ont servi à  un certain nombre de ménages, également la Couverture Maladie Universelle (CMU) qui a permis aux ménages d’a moindrir certaines dépenses liées à  la santé, entre autres projets qui commencent à  avoir leurs effets», a-t-il fait savoir. Par ailleurs, pour l’économiste «Globalement, de 2014 à  2018 sur le plan des grandeurs macro-économiques, il y avait une véritable endémie, qui véritablement, a permis au Sénégal à  partir 2018 de rejoindre les pays à  revenus intermédiaires de la trans-inférieure.

Sachez qu’en 2011 qui est une année de repère, il y avait 13,3 millions d’habitants au Sénégal et en 2019 16,3 millions. Donc calculé la pauvreté sur 13 et 16 millions d’habitants, c’est différent. En fait, ce qu’il faut savoir c’est que, c’est une pauvreté monétaire qui est mesurée. C’est-à -dire, on prend le PIB en volume et on divise par la population, c’est normal que le taux baisse. On tient en compte aussi l’inflation. Il y a ce qu’on appelle une pauvreté subjective, qui a été mesurée par l’ANSD en 2016 dont, 56% des Sénégalais s’estiment pauvres eux-mêmes dont 45% à  Dakar. Alors qu’aujourd’hui, les statistiques nous disent qu’il y a 56% de pauvres en monde rural et 19,8% ou 20% environ de pauvres en zone urbaine. C’est un peu subtil. Et ces éléments, il faut les tenir en compte pour véritablement définir la pauvreté. Donc, finalement, tout est à  relativiser» a dit Mounir Ndiaye.

BARTHELEMY COLY (STAGIAIRE)

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