Karim, omniprésent...

Les nombreux départs du Pds, les retrouvailles entre son père et Macky Sall, et puis cette semaine avec le Comité des droits de l'Homme et ses développements' Karim est loin du Sénégal, mais son nom revient dans presque tous les dossiers et intrigues politiques. Le fils de Abdoulaye Wade a toujours été un acteur? passif du jeu politique.

Il a, on dirait, ce don d'ubiquité dicté par son statut de fils d'ancien Président. Il s'invite - ou est invité - dans les débats, même quand on veut l'éviter. Il est au Qatar, mais il est aussi présent au Sénégal. Quand son père agit, c'est lui. Quand Wade «tue» petit petit «ses» autres enfants, c'est pour promouvoir le «gosse». Absent des listes électorales, mais présent dans les nouvelles dispositions qui le rendent non électeur et inéligible. A la veille de la Présidentielle, il était le seul candidat absent du territoire, mais le plus présent. Dans l'attente de la validation des candidatures, les yeux étaient plus braqués sur son dossier. Et sur celui de Khalifa Sall. Quand son pater rentrait de Versailles la veille de la Présidentielle, on a même cru un temps qu'il serait dans les valises au point que la contrainte par corps lui avait été rappelée. Depuis 2015, année de son élargissement, il est finalement l'exilé parmi nous.

Quand le Pds ne participe pas au dialogue, c'est qu'il l'a voulu ainsi. Et lorsque le père retrouve Macky Sall Massalikoul Jinane, il «rôde» autour des tractations. Quand Wade retourne au Palais pour s'accorder avec son hôte sur le processus électoral, le statut du chef de l'opposition ou la gestion des ressources naturelles, le fils n'est pas dans le communiqué, mais reste très présent dans les esprits. Quand le Sénégal se réunit au Comité des droits de l'Homme de l'Onu, c'est bien évidemment parce qu'il est question de lui et de la violation - supposée ou réelle - de ses droits. Il y a comme une ombre de Doha qui se répand partout. Quand il y a problème de communication au sommet de l'Etat, c'est parce qu'il était le sujet gênant et perturbant.

C'est qu'il a (toujours) été cet élément «invisible l'?il nu». Au pouvoir, il était derrière toutes - ou presque - les décisions les plus impopulaires. Dans l'ombre du père-Président, il était ce «dieu» du ciel, de la terré Dans le ticket présidentiel déchiré le 23 juin 2011, il y avait son ombre de vice-Président. Et d'ailleurs, quelques jours plus tard, il disait dans sa fameuse lettre ouverte aux Sénégalais : «Qu'on perde un marché public, une position, une faveur, un privilège, un titre, une fonction, aussitôt l'on me rend responsable. Qu'un ministre soit limogé, il prétend que son départ est la conséquence immédiate de son refus d'un prétendu projet de dévolution monarchique du pouvoir. Lorsqu'il pleut un peu trop Dakar, je suis indexé. Lorsque le vent emporte le toit d'une maison Pikine, je suis pointé du doigt. Lorsqu'un train déraille Thiès, j'y suis pour quelque chose. Lorsqu'un accident survientsur la route, je suis vilipendé.» 8 ans après, ses mots restent actuels.

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