Khalifa Sall condamné 5 années de prison et 5 millions FCFA d'amende

Khalifa Sall condamné 5 années de prison et 5 millions FCFA d'amende

Sen360 Le 2018-03-30

Au terme d'un procès qui aura duré près de deux mois et demi, Khalifa Ababacar Sall, député et maire de Dakar, a été condamné 5 ans de prison ferme dans l'affaire de la caisse d'avance de la mairie de la capitale sénégalaise. Ses avocats entendent faire appel de la décision.

Le juge Malick Lamotte et ses assesseurs ont tranché. Accusé d'avoir profité de ses fonctions pour détourner 1,8 milliard de francs CFA (2,7 millions d'euros) de la régie d'avance de la mairie de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, incarcéré depuis le 7 mars 2017, retournera ce soir dans sa cellule, la prison de Rebeuss, Dakar.

Le tribunal l'a en effet condamné une peine de 5ans de prison ferme, assortie d'une amende pénale de 5 millionsfrancs CFA, sansdommages et intérêts. « Nous allons faire appel de ce jugement », a confirmé Jeune Afrique Me Seydou Diagne, l'un des avocats de Khalifa Sall.

Le tribunal l'a déclaré coupable de plusieurs délits, dont «escroquerie aux deniers publics» et «faux et usage de faux», mais a en revanche écarté les délits d'association de malfaiteurs et de blanchiment d'argent.

La décision a été immédiatement suivie de huées et de pleurs dans la salle, où les partisans du maire étaient venus en nombre.

Le jugement prononcé vendredi est globalement conforme aux réquisitions du Parquet, qui avait réclamé une peine de sept ans de prison ferme et une amende de 5,49 milliards de francs CFA (8,36 millions d'euros), pour « faux et usage de faux sur des documents administratifs », « association de malfaiteurs », « escroquerie portant sur les deniers publics », « détournement de deniers publics » et « blanchiment de capitaux ».

Fin d'une longue séquence judiciaire

La condamnation en première instance de Khalifa Sall clôt une longue séquence judiciaire qui aura vu se multiplier les invectives entre les avocats de l'Etat, ceux de l'édile dakarois et ceux représentant la Ville de Dakar. Au cours du procès, ces derniers n'ont eu de cesse de mettre en avant la thèse « d'un procès politique » destiné éliminer un adversaire potentiel du président Macky Sall en vue de l'élection présidentielle de 2019.

Deux jours avant le délibéré, le maire de Mermoz-Sacré-Cœur, Barthélémy Dias, un proche de Khalifa Sall, avait déclaré, face aux caméras : « Vendredi, on saura si [le juge] Malick Lamotte est le responsable moral de la section APR [Alliance pour la République, le parti du président Macky Sall] de la justice. Parce qu'il est temps que les gens de l'APR et leurs sbires arrêtent d'instrumentaliser la justice. »

Une théorie qui fait bondir Me Baboucar Cissé, l'un des avocats de l'Etat dans cette affaire : « Comme on dit, les faits sont têtus. Et ceux reprochés Khalifa Sall n'ont rien de politique. Il s'agit d'infractions de droit commun. »

Source : JeuneAfrique



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