L'accusateur du policier boughaleb, est-il crédiblé

L'accusateur du policier boughaleb, est-il crédiblé

Dakarmatin Le 2019-12-06  Source

Sette Diagne, le principal accusateur du policier Mohamed Sidy Bougaleb, condamné pour le meurtre de l'étudiant Bassirou Faye le 14 août 2014, est lui-même en prison ! L'information était enfouie au milieu de faits divers scabreux dans les pages Société des quotidiens notamment L'Obs du 10 octobre dernier. Bien évidemment, elle n'a pas échappé la famille du policier Bougaleb. Elle n'est pas banale car si le principal accusateur d'un homme condamné pour homicide est lui-même jeté en prison pour des choses aussi abjectes que la diffusion de la sextape de sa copine sur les réseaux sociaux, cela relève assurément de la justice immanente. Surtout, la lumière de ces faits qui l'ont conduit en prison, on peut douter de la crédibilité du principal témoin charge dans l'affaire du meurtre de l'étudiant Bassirou Faye.

C'est le genre de détails qui sonnent comme une nouvelle espérance. Parce que pour la famille d'un fils, d'un frère, d'un parent jeté en prison pour un crime dont on continue réfuter la paternité, chaque détail a son importance. Le nom de Sette Diagne, jeté la chambre 10 de la prison de Kaolack pour une année pour diffusion de la sextape de sa copine, n'a sans doute aucune signification pour le Sénégalais lambda, mais, du côté de la famille de Sidy Mohamed Bougaleb, dans la banlieue dakaroise de Thiaroye Azur, il a fait tilt. Pour cause, la très lourde condamnation 20 ans de prison "" une peine ramenée 10 ans par la Cour d'Appel "" de Sidy Mohamed Bougaleb reposait essentiellement, pour ne pas dire uniquement, sur le témoignage charge de Sette Diagne. Or, voil que ce même Sette Diagne vient de prouver qu'il n'est pas un personnage particulièrement recommandable.

Pour ne pas dire crédible. Ne voulant pas aller trop vite en besogne, nous avons fait des investigations sur l'identité du Sette Diagne condamné par le tribunal de Kaolack, histoire de voir s'il ne s'agissait pas d'une homonymie. Autant sur le dossier du meurtre de Bassirou Faye que sur l'affaire de Kaolack, les mêmes mentions ont été retrouvées. Il s'agit bel et bien du même Sette Diagne, né le 02 avril Ndiawara Alkaly, fils de Amady Diagne et de Fama Sarr demeurant Thiaroye sur mer. Or, encore une fois, sur les 15 témoins appelés la barre, seul Sette Diagne avait persisté et signé que le policier Bougaleb était l'auteur du tir ayant atteint mortellement l'étudiant Bassirou Faye.

Les positions versatiles de Sette Diagne

Dans ce curieux procès, et même durant l'instruction, les juges n'ont jamais pris en compte les témoignages des personnes assermentées comme les policiers qui étaient avec leur collègue sur le théâtre d'opérations l'université de Dakar, ni celui du chef de groupe qui a certifié que le policier Bougaleb a quitté les lieux de l'incident 11 h pour aller se faire soigner l'Ecole Nationale de Police. Ce des suites d'une blessure la tête et d'une fracture la main consécutive un jet de pierres d'étudiants en furie. Bougaleb avait quitté l'infirmerie vers 12h 45 pour rentrer tranquillement chez lui Thiaroye Azur. Le meurtre de Bassirou Faye a eu lieu entre 14h et 15h? Ce qui avait sidéré les observateurs, c'étaient les témoignages versatiles de Sette Diagne. Des témoignages pleins d'incohérences.

Cheikh Diop était la personne désignée dans les journaux au début de l'affaire comme étant l'auteur du tir. Sette Diagne parlait d'un gradé de 1,90 m de taille avant de se rétracter pour parler d'un gradé de 1,80 m. Il avait indiqué que le tireur portait un casque alors que Bougaleb, blessé la tête ce jour-l, n'en portait pas. Le seul élément sur lequel Sette a été constant constance porte sur les deux appels émis avant le tir fatidique. Pour rappel, Sette avait soutenu que l'auteur du tir avait passé deux coups de fil avant de faire feu. Le commissaire Ndiaga Diop, l'époque chef des GMI de Dakar, a bien reconnu la réception des deux appels qu'il a transmis sa hiérarchie. C'est bien Saliou Ndao qui était posté au pavillon E d'où est parti le coup de feu.

Tombon Oualy, policier arrêté et incarcéré pendant de longs mois sous l'accusation d'avoir tué Bassirou Faye avant d'être innocenté, a déclaré au tribunal qu'il a bien vu son collègue Saliou Ndao braquer son arme en direction des étudiants. Pourquoi cette arme n'a-t-elle pas fait l'objet d'une expertise balistique ? Pourquoi tous les agents en faction aux points D et E n'ont-ils pas été entendus ? L'agent judiciaire de l'Etat avait aussi demandé Sidy Mohamed Boughaleb s'il ressemblait quelqu'un d'autre dans la police. Ce dernier avait répondu « oui » avant de donner le nom de Cheikh Diop. L'agent judiciaire de l'Etat avait ajouté qu'il n'était nullement convaincu de la culpabilité de Sidy Boughaleb dans le meurtre de Bassirou Faye. La versatilité des positions de Sette Diagne décrédibilisait son témoignage. Or en matière pénale, le jargon latin parle de « testis unis » « le témoignage unique » en indiquant qu'on ne peut pas condamner un accusé en se basant sur un seul témoignage parce que cela peut déboucher sur des erreurs ou être tacheté de vices. D'ailleurs lors du procès, un des avocats de Bougaleb, en l'occurrence Me Seydou Diagne, avait bien attiré l'attention des juges sur le danger attaché au témoignage d'un seul individu en écartant ceux de personnes assermentées comme les policiers présents sur le terrain. Un autre avocat du policier, Me Moussa Bocar Thiam, avait attiré l'attention du tribunal sur l'instabilité morale du seul accusateur. Les faits de la condamnation un an de prison de Sette Diagne pour une affaire sordide lui donnent rétrospectivement raison la robe noire.

Oumar Bougaleb père de Sidy Mohamed : Sette Diagne vient de montrer qu'il est un délinquant notoire.

Oumar Bougaleb, le malheureux père de Sidy Mohamed Boughaleb, est incapable de garder sa colère. L'homme est amer et se demande qui est derrière Sette Diagne ? L'ancien agent de l'Isra estime qu'au vu de ce que Sette Diagne est capable de faire en diffusant la sextape de sa copine, on ne saurait accepter son témoignage parce qu'il n'est pas crédible. « Un type capable de mentir, de divulguer des images obscènes est capable de mentir pour enfoncer quelqu'un. Qui est derrière ce type ? L'emprisonnement de Boughaleb ne repose sur rien du tout, sauf sur du faux et de l'illégalité. Le témoignage d'un seul délinquant notoire et dépravé ne doit pas entraîner la condamnation d'un honnête homme 20 ans puis 10 ans de prison. La tournure des choses me réconforte parce que cela veut dire que mon fils n'est pas un délinquant, c'est seulement le fait que son nom sonne étranger qu'il est la parfaite victime désigner. C'est indigne de mon pays et surtout de la justice de mon pays » explose Oumar Bougaleb. Et d'exposer les nombreuses zones d'ombre de ce dossier. « Sidy Boughaleb était-il le seul agent de teint clair en position au niveau de l'UCAD le jour du drame ?

N'y avait-il pas sur les lieux un gradé de 1,95 m et de teint clair ? Boughaleb n'est pas un gradé et ne mesure pas 1,95 m. Ce jour même du 14 août 2014, un lieutenant de la police qui ressemble s'y méprendre S. M. Boughaleb, admis au même moment que lui l'infirmerie de l'école de police (mais moins sérieusement atteint que Boughaleb) a tenu vaille que vaille retourner l'UCAD malgré les conseils du commandant de l'Ecole de police lui demandant de rentrer chez lui parce que blessé. Ses raisons : il était un officier en service et ne pouvait pas abandonner ses hommes. Lors du procès, Sette Diagne, l'accusateur, a encore varié dans ses déclarations en parlant d'un gradé de la police de teint clair, vêtu d'une combinaison « Cosmonaute », qui a ôté son casque de protection trois reprises pour s'adresser quelqu'un avec son Talkie Walkie avant de tirer. Qui est ce policier et qui a-t-il parlé ? Une géo localisation de cet appel en ce même moment et en ce même lieu a-t-elle été faite ? Elle aurait permis une meilleure compréhension de la cause de ce drame. La combinaison « cosmonaute » offre-t-elle la possibilité de relever les détails concernant le porteur savoir le teint, la corpulence et même la taille ?

Avec un énorme pansement sur le crâne suite sa blessure et avec une fracture la main, Boughaleb serait facilement remarqué s'il était retourné l'UCAD. Il s'y ajoute que si c'était mon fils, blessé ce moment-l, Sette Diagne aurait parlé d'un policier avec un pansement la tête, ce qu'il n'a jamais dit. En outre, comment peut-on tirer avec une main fracturée ? » se demande Oumar Bougaleb. L'homme entend continuer son combat pour le triomphe de la vérité et la liberté de son fils. Un combat contre la condamnation injuste de son fils dans lequel il peut compter sur le soutient du « Témoin ». Car, dans ce journal, nous avons toujours été convaincus que Sidy Mohamed Boughaleb a été victime d'une erreur judiciairé

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