L'administration Trump interdit les visas pour le « tourisme de maternité »
Donald Trump a fait du sujet migratoire l'une de ses priorités. A l'approche de l'élection présidentielle de novembre, lors de laquelle il briguera un second mandat, ce thème clivant pourrait revenir sur le devant de la scène.


En 2018, Donald Trump avait envisagé de revenir par décret sur ce principe pourtant garanti par le 14e amendement de la Constitution américaine qui donne la citoyenneté toute personne née ou naturalisée aux Etats-Unis.
En 2018, Donald Trump avait envisagé de revenir par décret sur ce principe pourtant garanti par le 14e amendement de la Constitution américaine qui donne la citoyenneté toute personne née ou naturalisée aux Etats-Unis. LEAH MILLIS
Donald Trump a ouvert, jeudi 23 janvier, un nouveau front dans son combat contre l'immigration. L'administration américaine va limiter les visas octroyés aux femmes enceintes soupçonnées de vouloir se rendre aux Etats-Unis pour que leur enfant bénéficie automatiquement de la nationalité américaine la naissance.

Avec son décret antimigrants imposé au terme d'une rude bataille judiciaire, et le mur qu'il tente de bâtir la frontière avec le Mexique, Donald Trump a fait du sujet migratoire l'une de ses priorités. A l'approche de l'élection présidentielle de novembre, lors de laquelle il briguera un second mandat, ce thème clivant pourrait revenir sur le devant de la scène.

« A compter du 24 janvier 2020, le département d'Etat ne délivrera plus de visas de visite temporaire aux étrangers qui veulent entrer aux Etats-Unis pour du "tourisme de maternité" », afin de tirer avantage du droit du sol américain, a annoncé jeudi la Maison Blanche dans un communiqué.

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« Renforcer la sécurité » et « le système d'immigration »
Selon le texte, il revient désormais aux agents des consulats américains travers le monde de « refuser un visa B » pour affaires ou loisir s'ils ont « une raison de croire » que la personne en faisant la demande souhaite en réalité uniquement donner naissance pendant son séjour.

Les nouvelles règles visent clairement les femmes qui « se rendent aux Etats-Unis pour que, en donnant naissance sur le sol américain, leur enfant obtienne automatiquement et de manière permanente la nationalité américaine », a-t-elle expliqué.

« Ce changement réglementaire est nécessaire pour renforcer la sécurité », « le système d'immigration » des Etats-Unis et « l'intégrité de la citoyenneté américaine », a ajouté la présidence. Elle estime que cette « industrie du tourisme de maternité » menace d'être une « surcharge » pour les hôpitaux du pays, sans compter qu'elle « alimente les activités criminelles ».

« Mettre fin ces failles flagrantes » du système américain « va permettre de combattre ces abus endémiques et, en fin de compte, protéger les Etats-Unis », a insisté la Maison Blanche, assurant vouloir aussi défendre l'argent des « contribuables américains ».

Droit du sol extensif

Le droit du sol est très extensif aux Etats-Unis : il suffit de naître dans le pays pour bénéficier automatiquement de la nationalité américaine. Face aux soupçons de refus arbitraires qui pourraient se multiplier, un responsable du département d'Etat américain a assuré jeudi que les agents consulaires avaient « reçu la consigne de ne pas demander toutes les femmes demandant un visa si elles sont enceintes ou entendent tomber enceintes ». De la même manière, ils « ne seront pas autorisés réclamer un test de grossesse ».

Reste savoir si le milliardaire républicain réitérera sa menace de supprimer le droit du sol. Il avait dit envisager en 2018 de revenir par décret sur ce principe pourtant garanti par le 14e amendement de la Constitution américaine (qui donne la citoyenneté toute personne née ou naturalisée aux Etats-Unis), en partie pour dissuader les migrantes d'Amérique centrale qui marchent de longs jours pour tenter de franchir la frontière.

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