La Banque mondiale met fin à  son baromètre d’affaires

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Bon nombre d’entre eux (chefs d’Etats) ont sans doute été heureux d’apprendre que la Banque mondiale a décidé de supprimer le très contesté rapport le 16 septembre dernier. Le Sénégal qui a toujours fait des efforts n’a jamais été satisfait de son classement. Cette décision fait suite d’un rapport du cabinet d’avocats Wilmer Hale qui a mis en évidence des manipulations statistiques inacceptables dans les rapports 2018 et 2020, après avoir épluché pour cela 80 000 documents et interrogé trois douzaines de cadres de l’institution en activité ou partis.

L’enquête et les audits diligentés par la direction accusent nommément la Chine, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Azerbaà¯djan. Il est mis en cause plusieurs anciens hauts cadres dont l’actuelle patronne du Fonds monétaire international (Fmi), Kristalina Georgevia, alors directrice exécutive de la Banque mondiale, d’être impliqués dans ce qu’on pourrait appeler le second désastre pour l’Afrique après le Programme d’ajustement structurel que les institutions de Bretton Woods avaient mis en place en 1994 pour permettre aux pays touchés par de grandes difficultés économiques de sortir de leur crise économique. Ce revirement spectaculaire est désormais considéré comme un vrai scandale.

La directrice générale du Fmi s’est empressée de publier un démenti qui n’a convaincu personne. Elle se retrouve fragilisée, et certaines voix appellent déjà  à  sa démission. Le communiqué fait savoir que la confiance dans les travaux de recherche du Groupe de la Banque mondiale est d’une importance capitale. Ces travaux guident les actions des décideurs politiques, aident les pays à  prendre des décisions mieux éclairées et permettent aux parties prenantes de mesurer les progrès économiques et sociaux avec plus de précision. Ces travaux constituent également un outil précieux pour le secteur privé, la société civile, le monde universitaire, les journalistes et d’autres acteurs, et favorisent une plus large compréhension des enjeux mondiaux.

Après que des irrégularités dans les données des éditions 2018 et 2020 du rapport «Doing Business» ont été signalées en interne en juin 2020, la direction de la Banque mondiale a suspendu l’édition suivante et lancé une série d’examens et d’audits du rapport et de la méthode utilisée pour l’établir. Par ailleurs, parce que les rapports internes ont soulevé des questions d’éthique, concernant notamment la conduite d’anciens responsables du Conseil des Administrateurs ainsi que de certains employés actuels et/ou anciens de la Banque, la direction a porté les allégations y relatives aux mécanismes internes appropriés de reddition de comptes de la Banque.

Pour rappel, le Doing Business passait en revue l’environnement des affaires de pays membres de l’institution en distribuant des bons et de mauvais points aux Etats. Ce rapport à  périodicité annuelle, était redouté par beaucoup de gouvernements car, il servait de boussole pour les investisseurs. La direction de la Banque mondiale justifie sa décision par la manipulation des données des éditions de 2018 et 2019 confirmée par les audits et les enquêtes menés par des organismes et cabinets indépendants.

J P MALOU

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