La malédiction des anciens présidents français, François Hollande et Julie Gayet dans la tourmente - SenePeople

La malédiction des anciens présidents français, François Hollande et Julie Gayet dans la tourmente - SenePeople

Senepeople Le 2018-09-23

La mission de Président de la République de France est-elle liée à la corruption, aux pots de vins, aux dessous de table ? La question mérite d'être posée et doit susciter une attention particulière chez les populations françaises si on considère les gouvernances Chirac et Sarkozy. Ils ont également eu maille à partir avec la justice.

Avec ce scandale qui vient de secouer la gouvernance Hollande et dans laquelle sa compagne Julie Gayet a été citée, tout porte à croire que nos chefs d'Etat profitent de la station de Président pour s'enrichir. L'ancien Président, François Hollande a conclu, en 2016 une vente historique d'avions de chasse du groupe français Dassault. Alors que François vit paisiblement son « après Elysée », voila qu'il lui tombe sur la tête cette histoire de facilité dont aurait bénéficié sa compagne dans le cadre de cette transaction entre Dassault et la société indienne Reliance, selon Médiapart et AFP. Hollande a tout de même tout dégagé en touche comme quoi, il n' y a pas eu de conflit d'interêt comme voudrait le faire croire l'opposition indienne en général et le Parti du Congrès en particulier. Ainsi, un doigt accusateur a été pointé à l'endroit du gouvernement du Premier ministre Narendra Modi quant au choix porté sur un privé pour collaborer avec Dassault sur ce dossier.

Selon l'opposition, l'exécutif indien a en effet choisi Reliance Group, dirigé par le magnat Anil Ambani. Cette société n'avait pourtant aucune expérience préalable dans l'aéronautique, à l'inverse de l'entreprise publique Hindustan Aeronautics Limited (HAL). Peu après l'officialisation de l'achat des 36 Rafles en septembre 2016, Dassault et Reliance Group avaient annoncé la création d'une coentreprise, Dassault Reliance Aerospace. La société française y a investi plus de 100 millions d'euros.

En plus de soutenir qu'une part belle a été faite à la société privée Reliance, l'opposition indienne soupçonne une corruption avec des compensations contractuelles dont aurait bénéficié Narendra Modi. Les industriels étrangers obtenant des contrats d'armement en Inde doivent en effet contractuellement réinvestir une partie des sommes perçues sur le territoire indien. Dans le cadre du contrat Rafale, ces "compensations" portent sur environ la moitié des quelque huit milliards d'euros payés par le gouvernement indien.

François Hollande est sur la défensive dans ce dossier car la presse indienne et plusieurs membres du Parti du Congrès ont évoqué la possibilité d'un conflit d'intérêt. Il se susurre qu'une entité de Reliance Group aurait en effet partiellement financé un film de la compagne de l'ancien Chef de l'Etat français, en l'occurrence Julie Gayet.

C'est par une série de dénégations que François Hollande a engagé le combat contre cette accusation qui, si elle s'avère, risque de faire très mal à l'exécutif indien. "Ce groupe n'avait pas à me faire quelque grâce ou quoi que ce soit, réplique François Hollande. Je ne pouvais même pas imaginer qu'il y avait un quelconque lien avec un film de Julie Gayet." Des responsables indiens et français assurent que l'avionneur français a librement choisi de s'associer à Reliance Group. Ce que dément François Hollande auprès de Mediapart : "Nous n'avions pas notre mot à dire à ce sujet [?] C'est le gouvernement indien qui a proposé ce groupe de services et Dassault qui a négocié avec Ambani." "Nous n'avons pas eu le choix, nous avons pris l'interlocuteur qui nous a été donné", insiste encore l'ex-président français.

Interpellé par l'AFP en marge d'une conférence qu'il animait vendredi à Montréal (Canada), l'ancien chef de l'Etat a souligné que le nom de Reliance Group était apparu dans le cadre de la "nouvelle formule" de négociations sur l'achat de Rafale, décidée par le gouvernement Modi après son arrivée au pouvoir. "La France n'a en aucune manière choisi Reliance, a-t-il insisté. Les autorités françaises n'avaient pas à choisir le partenaire, Dassault s'est retrouvé avec Reliance sans que le gouvernement français ait été consulté. Ce sont des partenaires qui se sont choisis eux-mêmes."

Sur une possible pression indienne pour faire de Reliance Group l'interlocutrice de Dassault, François Hollande a répondu qu'il n'était "pas au courant Avant d'insister : "Dassault est seul capable de le dire", a-t-il ajouté, soucieux de ne pas intervenir dans la polémique indienne.

En tant que ministre de la Défense sous François Hollande, c'est lui, Jean Yves Le Drian qui avait négocié dans le dossier des Rafale, n'a pas officiellement réagi. Mais, vendredi soir, le ministère français des Affaires étrangères, qu'il pilote désormais, a publié un communiqué confirmant la position de François Hollande : "Le gouvernement français n'est en aucune façon impliqué dans le choix des partenaires industriels indiens qui ont été, sont ou seront sélectionnés par les industriels français." Sur Twitter, le ministère indien de la Défense a également "répété que ni le gouvernement indien ni le gouvernement français n'avaient eu leur mot à dire dans cette décision commerciale

Robert Bourgi, avait, dans l'hebdomadaire JDD, décrit avec détails des remises de fonds de la part de responsables politiques africains, pour des montants de "plusieurs dizaines de millions de francs", "incalculables", qu'il aurait réalisées auprès de l'ancien président de la République et de l'ex-Premier ministre entre 1997 et 2005. Et pour cela, une plainte a été déposée contre Robert Bourgi et le magazine.

En sus de cette affaire de mallettes africaines, Jacques Chirac a également fait l'objet d'une enquête dans le cadre des frais de bouche lorsqu'il était maire de Paris. Les dépenses de bouche s'élevaient, pour la période 1987-1995, à 1,5 million d'euros en liquide. Dans un rapport remis le 22 mars 2002 au maire de Paris et transmis ensuite au parquet de Paris, l'Inspection générale des services de la Ville de Paris a conclu à l'existence d'indélicatesses, de détournements significatifs et de factures falsifiées à la Questure de Paris entre 1987 et 2000 durant les mandats de Jacques Chirac.

Le prédécesseur de François Hollande, Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de fonds publics libyens" et placé sous contrôle judiciaire.

Casel S.



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