La ville s'insurge contre « l'extension foncière à outrance » de la cimenterie

En effet, le maire de la ville et la Convention des Lébous de souche demandent l'envoi d'une mission d'inspection d'Etat, afin de tirer au clair l'extension outrancière sur l'assiette foncière de la part d'un voisin incommodant.

Rufisque étouffe. C'est le cri du coeur des autorités rufisquoises qui tirent la sonnette d'alarme face à l'accaparement de la seule réserve foncière de la ville située à l'extrême Est, sur la partie mitoyenne au pôle urbain de Diamniadio.

Pour le maire de la ville, la cimenterie veut passer outre les termes de la convention dans le cadre du périmètre minier. Une concession qui stipule que la SOCOCIM doit exploiter le calcaire en profondeur et indéfiniment. Or, se portant en faux, pour le maire Daouda Niang, « rien n'autorise à la SOCOCIM à faire des extensions sur des terres qui ne lui appartiennent pas. Elle n'a pas le droit de faire des extensions sur 210 hectares des terres où a été cultivé le Jatropha, alors que la concession va finir en 2024. Pourquoi profiter de l'occasion pour installer une centrale solaire. C'est une preuve manifeste de l'accaparement des terres des rufisquois. Nous ne l'accepterons pas», a-t-il protesté, ce samedi, lors d'un point de presse,

La ville n'exclut pas un recours en justice

« On ne peut pas penser que la SOCOCIM puisse disposer de plus de 17 titres fonciers à moins que Vicat veuille se transformer en promoteur foncier. Nous avons en notre possession les TF et les droits réels. Le président de la République doit bien entendre cette pulsion des populations», a asséné le maire qui, tout de même, se dit disposé à assainir la cohabitation.

« Nous voulons discuter avec la SOCOCIM pour que les choses soient raisonnablement réglées pour que l'on puisse mettre nos installations de développement, pour que l'on puisse avoir une cohérence territoriale dans les baux», a-t-il ajouté, sans exclure l'éventualité d'un recours judiciaire pour amener la cimenterie à respecter son engagement de restituer les terres. Une reconduction de cette « concession tacite», qui permettra d'aménager des espaces pour une «continuité territoriale, urbanisée avec le pôle de Diamniadio», voilà ce que prône la ville de Rufisque.

« Il est temps que l'autorité prenne conscience de ce qui se passe sur le foncier à Rufisque. Il y a un silence coupable. Et se taire, c'est être coupable», revient à la charge l'édile. « Le Président Macky Sall qui connaît bien Rufisque, ne doit pas être indifférent par rapport à cette situation catastrophique. Nous voulons un dialogue. Il faut que l'on clarifie les fonctions des uns et des autres», a encore soutenu Daouda Niang.

Rufisque interpelle le chef de l'Etat pour une mission de l'IGE

« Il faut une enquête en profondeur pour apporter toute la lumière sur la situation du foncier dans le département. La SOCOCIM doit être dénoncée», a rouspété de son côté François Goudia Guèye, président de la Convention des Lébous de souche. Du reste, comme ses autres concitoyens de Rufisque, il interpelle le chef de l'Etat pour une mission de l'Inspection générale d'Etat (IGE). Et son avis est partagé par Mamadou Diop Thioune de la Fédération départementale des acteurs non étatiques, qui soutient mordicus que l'industrie est dans le faux. « La SOCOCIM empiète sur des procédures fallacieuses qui ne répondent à aucune norme. Nous demandons des éclaircissements sur des états de contusion dans le processus d'attribution de ces terres.

La SOCOCIM est interpellée aujourd'hui par la citoyenneté rufisquoise en défiant une autorité (le maire) en droit et titre agissant
», dénonce le haut conseiller, Mamadou Diop Thioune. « En complicité avec AGREKO, SOCOCIM continue d'exploiter nos terres, au-delà que ce qui est autorisé. Nous voulons que des procédures judiciaires soient intentées pour arrêter cette injustice pour accaparement de nos terres», a persisté M. Thioune, qui dénonce «une complicité agissante» des autorités étatiques.

Une situation d'autant plus grave, qu'il y a aussi la menace écologique qui pèse sur Rufisque, avec l'avancée de la mer. Des conditions réunies en vue d'une paupérisation qui, selon eux, mérite une mobilisation des populations pour que l'injustice ne passe pas.

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