Le budget défense voté à  l’Assemblée en première lecture

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Les députés ont approuvé mardi le budget défense 2022, en hausse pour la quatrième année consécutive (+4,3%) à  40,9 milliards d’euros.
L’Assemblée nationale a approuvé mardi 25 octobre au soir le budget défense 2022, en hausse pour la quatrième année consécutive (+4,3%) à  40,9 milliards d’euros, conformément à  la loi de programmation militaire 2019-2025, malgré les doutes émis par l’opposition sur la crédibilité de la trajectoire budgétaire à  venir. La défense, deuxième poste du budget de l’Etat après l’éducation, bénéficie l’an prochain d’une nouvelle hausse de 1,7 milliard d’euros. D’une enveloppe globale de 295 milliards d’euros sur sept ans, la LPM 2019-2025 prévoit une nette hausse du budget défense après des années de déflation. Mais les augmentations les plus importantes (+3 milliards par an) sont prévues à  partir de 2023, soit après la prochaine élection présidentielle.
Ce budget «respecte à  la lettre la trajectoire de la LPM et concrétise les engagements pris par le président de la République», a souligné devant les députés la ministre des Armées Florence Parly, en faisant valoir un «effort historique» pour la défense. «Nous ne sommes pas encore tout à  fait parvenus à  la moitié du chemin (de la LPM) mais nous sommes constants et cohérents», a-t-elle affirmé. «Nous avons réussi à  nous fixer une loi de programmation ambitieuse et, plus difficile encore, de nous y tenir», a renchéri la députée LREM Aude Bono-Vandorme.
En ces temps de précampagne présidentielle, l’opposition a insisté sur les hypothèques qui pèsent sur la remontée en puissance du budget des armées, alors que l’effort budgétaire le plus important à  consentir reste à  venir. «Ce 4e budget de la LPM respecte, lui aussi, la trajectoire initialement prévue», mais «les difficultés sont devant nous», a déploré le député LR François Cornut-Gentille, en rappelant que LPM prévoit à  partir de 2023 «le franchissement de trois marches budgétaires successives de trois milliards». Or, «dans le nouveau contexte économique post-Covid, cette ambition apparait de moins en moins tenable», a-t-il estimé. «Le plus dur reste à  faire pour garantir le respect de la LPM», a abondé la députée Michèle Tabarot (LR) en déplorant le «choix assumé de reporter l’essentiel de l’effort au prochain quinquennat».
 
La parlementaire a également déploré que les récentes ventes d’armement à  l’export se fassent au détriment des armées françaises, qui se voient prélever des équipements pour que la France honore ses contrats. «Nous allons déshabiller nos armées pour vendre avions de chasse et bâtiments à  la Croatie et la Grèce». Or, «nous ne pouvons plus demander à  nos armées de préparer les guerres de demain avec des équipements d’hier», a-t-elle estimé. «La chasse souffre paradoxalement des succès du rafale à  l’export. Il faut les compenser au plus vite» car «entre 10 et 20 (avions de combat) Rafale manqueront à  l’appel en 2025», a insisté le député Jean-Jacques Ferrara (LR).
Alexis Corbière, de la France insoumise de Jean-luc Mélenchon, a quant à  lui regretté que les discussions «comptables» masquent l’«absence de réflexion stratégique dans le cadre parlementaire» sur la défense française. «Pour quelles raisons nos armées sont engagées dans tel ou tel conflit? (…) Nous sommes dans un enlisement militaire au Mali», a-t-il critiqué, en fustigeant également la participation de la France à  l’OTAN. L’adoption définitive de l’ensemble du budget 2022 par le Parlement doit intervenir avant Noà«l.

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