«Le virus risque de faire très mal ... si les mesures instaurées ne sont pas respectées»
Dans une interview donnée à nos confrères français du Monde, il soutient que la riposte contre la maladie doit être communautaire. Interrogé sur un éventuel confinement, il a fait savoir que l'application d'une telle mesure sera difficile pour la population et nécessitera des mesures d'accompagnement. Non sans manquer de relever que la communication auprès des communautés sera la clé de la lutte contre le coronavirus

Rejoignant le Secrétaire de l'Onu, sur le risque que court l'Afrique face à cette pandémie, le Dr Ousmane Faye prédit un scénario pathétique et funèbre si les mesures de prévention venaient à ne pas être respectées et si la sensibilisation de la population est fragmentaire. «Que l'on soit en Europe, en Chine, aux Etats-Unis ou en Afrique, personne n'est à l'abri du coronavirus. Compte tenu des ressources limitées du continent, la gestion peut être compliquée et les hôpitaux rapidement débordés. C'est pour cela qu'il faut miser sur la prévention, l'information des populations. Il faut demander aux pays africains de mieux se préparer. En respectant les consignes de limitation des déplacements, des regroupements et en sophistiquant le dispositif de surveillance pour prendre en charge au plus vite les premiers cas et les extraire de leur communauté, la propagation du virus serait endiguée. Sans cela, il faut reconnaître que le virus risque de faire très mal en Afrique», a averti le responsable du département de virologie de l'Institut Pasteur.

Une population consciente malgré quelques récalcitrants

«À écouter la radio, à regarder la télévision, je crois qu'il y a une prise de conscience. Mais comme en toute chose, il y a toujours des récalcitrants. Il va falloir continuer de sensibiliser, utiliser des psychologues en mesure de nous dire quels sont les canaux de communication les plus appropriés pour atteindre le maximum de personnes. La sensibilisation est la clé de cette lutte» a renseigné Dr Ousmane Faye.

Le confinement est-il réalisablé

Ce ne serait plus une surprise pour la population. Le confinement se profile peu à peu face à la flambée des personnes testées positivement à Covid-19. «C'est une réalité qui peut s'avérer une limite. Il est difficile de demander à quelqu'un qui doit travailler pour se nourrir de ne pas sortir. Il y a un accompagnement qui doit donc être fait par les autorités politiques des pays pour que soit supportée cette restriction» a indiqué le Dr Ousmane Faye.

La jeunesse du continent peut-elle être un atout?

Les statistiques ont prouvé que les personnes âgées sont plus susceptibles de développer un cas sévère du nouveau coronavirus. L'Afrique peut - elle fondé ses espoirs sur le fait que 60 pour cent de la population a moins de 25 ans' Selon le Dr Ousmane Faye, ce fait est loin d'être vu comme un salut ou un facteur immunisant l'Afrique de la menace du nouveau coronavirus. «On a vu dans les autres pays que les personnes âgées, mais aussi les personnes qui ont une co-morbidité importante, sont les plus à risque. En Afrique, malgré la pyramide des âges, la co-morbidité existe aussi. Sur cette question de l'âge, on peut émettre des hypothèses, mais il ne faut pas se reposer sur cette idée que nous sommes préservés par la jeunesse de notre population. Il faut éviter ce type de facilité et se préparer au pire en prenant toutes les mesures nécessaires. Je redis que la prévention est un élément crucial tout comme le respect des mesures édictées».

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