Les Africains invités "s'approprier" le changement climatique
De l'envoyé spécial de l'APS, Amadou Sarra Bâ

Rabat, 3 déc (APS) ? Les pays africains doivent "s'approprier" la problématique du changement climatique et lui trouver des solutions, pour éviter de subir davantage ses conséquences, a suggéré, lundi, Rabat, le professeur Cyril Musila, du Collège des hautes études de stratégie et de défense (CHESD), en République démocratique du Congo (RDC).
"Il est important que les Africains se l'approprient comme problème et réfléchissent des solutions lui apporter. Les solutions ne viendront pas d'ailleurs, elles doivent venir des Africains eux-mêmes", a-t-il dit dans un entretien avec l'APS en marge de la quatrième édition de l'Africa Security Forum (ASF).
"L'impact du changement climatique sur la sécurité en Afrique" était le thème de l'ASF, organisé par le "think tank" marocain Atlantis et le Forum international des technologies de la sécurité (FITS).
Même si l'Afrique est le continent le moins polluant du monde, elle est "la plus grande victime" du changement climatique, selon Cyril Musila, chef du département d'études doctrinales et de recherches stratégiques du CHESD, un organisme de l'armée congolaise.
Il suggère aux Africains d'anticiper sur les conséquences du changement climatique, pour ne pas en subir davantage les conséquences. D'où l'importance, selon lui, du forum organisé Rabat en présence de décideurs politiques, de responsables de la société civile, de chercheurs et de militaires.
"Mais il reste maintenant la formulation des politiques publiques. Il faut que les Etats soient informés des résultats de ce forum, pour que, sur le terrain, des initiatives soient trouvées et que (?) chaque pays contribue élaborer une politique d'ensemble", a proposé le professeur Cyril Musila.
Concernant la dimension démographique du changement climatique, il soutient que "les Africains migrent beaucoup plus l'intérieur du continent qu'ils ne vont en Europe". Dès lors, les Européens ne devraient pas considérer les Africains comme des "envahisseurs", selon M.Musila.
Pour sa part, Driss Benomar, le président d'Atlantis, spécialisé dans la recherche et les études géostratégiques, a insisté sur la nécessité pour l'Afrique et ses partenaires de travailler "quelque chose de bien pour nos enfants".
"La lutte contre le changement climatique est un devoir que nous devons gagner ensemble. Nous devons continuer travailler pour réussir ce combat. Ce combat est gagnable", a-t-il assuré dans son discours de clôture du forum.
"Pour gagner ce combat, il faut d'abord bien analyser cette problématique. Tout le monde ne maîtrise pas encore tous les problèmes liés au changement climatique. Il faut d'abord bien comprendre les problèmes", a insisté M.Benomar, proposant de "trouver des solutions point par point".


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