LES AFRICAINS PARTAGENT LEURS EXPERIENCES A DAKAR
«Pour nous, toute expérience qui nous permet de pouvoir capitaliser ce qui se fait dans d'autres pays est extrêmement importante. Nous en sommes un état d'avancement très poussé d'élaboration d'un document de politique foncière et les premières esquisses de la législation qui est en train d'être maturée», a signalé Pr Moustapha Sourang, président de la Commission nationale de la réforme foncière (CNRF). «Nous serons intéressés par ce que vous nous apportez aussi comme expériences dans vos différents pays et ce qui se fait au niveau de la recherche. L'avantage que nous avons présentement est que nous pouvons capitaliser toutes ces recherches pour que la réforme puisse, au moins un moment, donner la somme de ce qui est légitime, c'est--dire ce que les populations estiment juste en matière d'équilibrage entre l'agriculture familiale et l'agriculture de type industriel. Comment réformer sans perdre son âme, c'est ça l'esprit», renchérit Pr Sourang.
Pour Philippe Beaulne, ambassadeur du Canada au Sénégal, «le dialogue stratégique d'aujourd'hui porte des enjeux actuels les plus importants en Afrique. C'est un sujet sensible et délicat avec des problématiques essentielles comme la modernisation de l'agriculture, la protection de l'exploitation familiale, la sécurité alimentaire, la croissance économique des pays en voie de développement, la responsabilité des gouvernements et de la société civile, et finalement le droit des citoyens», a-t-il signalé. Le diplomate estime que «la croissance liée l'agriculture est de deux trois fois plus efficace pour faire reculer la pauvreté». Selon lui, «l'émergence de l'Afrique passera par une agriculture modernisée qui servira d'abord sa population, mais qui profitera aussi la croissance mondiale».
Plusieurs chercheurs du continent, notamment du Kenya, de Côte d'Ivoire, du Ghana, du Nigéria, d'Afrique du Sud, entre autres, ont soulevé d'importants points liés l'accaparement et l'acquisition des terres grande échelle dans le continent. Ils ont émis des inquiétudes sur le lendemain des prochaines générations si les politiques ne prennent pas les dispositions pour réguler le secteur foncier. La question de l'implication des populations dans le processus de décision dans la gestion foncière est aussi évoquée.

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