Les mesures préventives non-respectées dans les marchés traditionnels

Les mesures préventives non-respectées dans les marchés traditionnels

Sudonline Le 2020-03-30  Source
Au marché Castor de Dakar, les gens vaquent naturellement à leurs occupations. Légumes et poissons sont exposés à l'air libre comme à l'accoutumée, parfois étalés à même le sol. L'odeur nauséabonde qui échappe des fosses sceptiques à ciel ouvert agresse les narines des passants. Les contacts sociaux se poursuivent naturellement, clients et commerçants se côtoient, s'entachent et se serrent même la main, sans se soucier des recommandations hygiéniques pour éviter la maladie. Ils semblent mêmes ne pas croire à l'existence de la pandémie. Assise devant sa table juste à l'entrée du marché, Mme Loum vendeuse de petit déjeuner dit pourtant respecter les recommandations hygiéniques.«J'ai toujours respecté les règles hygiéniques avant même l'arrivée de cette épidémie, c'est ce qui explique que malgré le nombre de vendeurs exorbitants de petit déjeuner dans ce marché, beaucoup de personnes ont porté leur choix sur moi. Vous voyez, il ne reste plus rien dans les plats. Les clients continuent de venir en masse», explique la dame. «Je n'ai pas porté de masque c'est vrai, mais j'ai avec moi un gel désinfectant et je m'en use régulièrement» argue-t-elle.

Faisant des navettes incessantes dans les coins et recoins du marché, Collète Diouf, interpelée sur le sujet répond: «je suis consciente du dangerque je guette dans ces lieux mais je ne pouvais pas ne pas venir faire le marché, en ce moment nul n'est à l'abri car, aucune règle d'hygiène n'est respectée ici».

Toutefois, dit-elle, «jem'en remets tout simplement à Allah et arrivée à la maison, je prendrais le temps nécessaire pour désinfecter les légumes». Plus loin d'elle, on retrouve un boucher du nom de Vieux Diouf en pleine conversation avec ses d'autres vendeurs. «Les autorités devraient passer régulièrement dans ces marchés pour s'enquérir de la situation en ce temps d'épidémie et nous offrir des matériaux de prévention. Pour dire vrai, je n'ai pas porté de masque et je n'ai pas avec moi aussi un désinfectant mais quand même à la descente je prendrai la peine de me laver avec de l'eau de javel avant d'arriver chez moi», laisse-t-il entendre. Pour parer à toute éventualité, le Vieux Diouf propose «une fermeture de tous les marchés qui sera précédée en amont d'un ultimatum de 3 jours pour permettre aux gens de s'approvisionner au maximum avant de se confiner chez eux».

Même décor au marché Grand Dakar. Toutefois, ici le coronavirus est le sujet des commentaires. Des commerçants débattent sur la maladie mais sans respecter les distances et les contacts physiques qui pourraient faciliter la propagation du virus. «Les clients ne viennent plus en masse comme en temps normal. Vraiment entre les risques qui nous guettent et la baisse de notre chiffre d'affaires, je ne sais plus où donner de la tête. Je suis mère de famille et c'est ça mon gagne-pain, donc, je suis obligé de le faire pour subvenir mes besoins», fait savoir Fatou Thiam, vendeuse de bracelets.

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