Loi sécurité à Hong Kong: les Etats-Unis et le Royaume-Uni condamnent fermement

Loi sécurité à Hong Kong: les Etats-Unis et le Royaume-Uni condamnent fermement

Seneweb Le 2020-07-02  Source
Londres et Washington ont réagi avec fermeté à l'imposition par Pékin de sa loi de sécurité nationale à Hong Kong. Le Premier ministre Boris Johnson a dénoncé une atteinte aux conditions de rétrocession de l'ancienne colonie britannique à la Chine. Le Congrès américain a réaffirmé le durcissement des sanctions envers Pékin, notamment contre de hauts responsables du parti communiste chinois.

Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix et notre correspondante à New York, Loubna Anaki

Le gouvernement britannique avait très ouvertement tenté de dissuader la Chine d'imposer sa loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Des pressions clairement restées sans succès. Par conséquent, Londres entend honorer sa promesse d'ouvrir grand ses portes aux habitants de son ancienne colonie, qui ont le statut britannique d'outre-mer.

Les quelque 350 000 détenteurs de ce statut ainsi que les 3 millions de résidents qui peuvent prétendre à l'obtention de ce passeport vont pouvoir désormais venir étudier ou travailler au Royaume-Uni pendant cinq ans au lieu de six mois jusqu'à présent. Ils pourront ensuite demander le statut de résident. Et après un an sous ce statut, ils pourront faire une demande de nationalité sans qu'aucun quota ne leur soit appliqué.

La participation de la Chine à la 5G et aux centrales nucléaires dans le viseur

Face à une « violation claire et grave de la Déclaration conjointe sino-britannique », le gouvernement britannique promet donc de ne pas se « dérober à ses responsabilités historiques et de défendre le peuple de Hong Kong ».

Le message est clair et le geste significatif, mais cela ne doit pas s'arrêter là selon les parlementaires britanniques. Nombre d'entre eux, y compris les députés de la majorité conservatrice, veulent voir Boris Johnson repenser certains aspects des relations entre Londres et Pékin, notamment la participation très controversée de l'équipementier chinois Huawei au futur réseau 5G et l'implication chinoise dans la construction d'une nouvelle génération de centrales nucléaires britanniques.

Pompeo : Hong Kong « sera juste une autre ville communiste »

Pour les Etats-Unis, il s'agit d'une atteinte aux lois et aux libertés des habitants de Hong Kong. Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo s'inquiète des conséquences de la loi sur la sécurité nationale et la nouvelle mainmise de Pékin : « Les forces de sécurité sont déjà en train d'arrêter les Hongkongais qui osent parler et penser librement. La règle de droit a été bafouée. »

Le chef de la diplomatie américaine a réaffirmé la position de Washington : Hong Kong sera désormais traitée comme la Chine et ne bénéficiera plus de son statut spécial. « Libre, Hong Kong était l'une des villes les plus stables, prospères et dynamiques du monde. Aujourd'hui, ce sera juste une autre ville communiste où les gens seront à la merci des caprices de l'élite du parti. C'est triste. »

Joe Biden dénonce la « lâcheté » de Trump

Les sanctions contre Pékin, et notamment les membres du parti communiste ont été renforcées. Autre réaction à Washington, celle Nancy Pelosi. Pour la cheffe de la majorité démocrate à la Chambre des Représentants, la loi sur la sécurité signifie « la mort du principe "un pays, deux systèmes". »

Même condamnation de la part de Joe Biden qui parle d'un coup fatal porté à la l'autonomie de l'ancienne colonie britannique. Le candidat démocrate à la présidentielle du 3 novembre a dénoncé la gestion « lâche » par Donald Trump de la crise à Hong Kong. « Encore et toujours, le président Trump abandonne nos valeurs et rassure les autocrates chinois sur le fait qu'ils ont quelqu'un qui pense comme eux à la Maison-Blanche. »

Biden promet des sanctions beaucoup plus lourdes en cas de victoire à l'élection présidentielle. « Là où Trump a été lâche, je serai fort, clair et cohérent dans la défense de nos valeurs », a assuré le démocrate... s'il est élu président des Etats-Unis.

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