Lutte contre le C0vid-19: Contribution de la S2D/Yoonou Naatangué
Chers militants,
Chers citoyens,

Nous avons suivi avec la meilleure attention l'évolution de la pandémie du Covid-19, dans notre pays et aussi dans le monde.

Cette pandémie est très sérieuse et nous devons davantage rester attentifs aux recommandations du corps médical et respecter strictement les mesures prises par l'Etat du Sénégal pour limiter la propagation de la maladie et préserver nos concitoyens.

Nous saluons donc les efforts fournis par l'Etat du Sénégal depuis l'apparition des premiers cas et l'engagement de nos médecins, des scientifiques et de la presse qui ont su depuis lors se montrer à la hauteur.

Par ailleurs, en tant que Parti politique, nous avons étudié les mesures annoncées par le Gouvernement du Sénégal, notamment le Président de la République dans son adresse à la nation en date du 23 mars 2020. Nous tenions, par conséquent, à partager notre appréciation sur ces dites mesures.

Si certaines dispositions sont un bon pas dans ce que l'on peut qualifier de guerre contre un ennemi invisible (état d'urgence, fermeture de l'espace aérien, recommandations de mesures d'hygiène et sociales à l'attention des acteurs économiques, restrictions sur le transport urbain et interurbain, ...), il reste que certaines d'entre elles suscitent chez nous un certain nombre d'interrogations voire de sérieux doutes.

Il s'agit d'une part de la remise de dette fiscale, des aides alimentaires en vue et autres mesures économiques annoncées par l'Etat.

En effet, compte tenu de la citoyenneté qui s'attache au paiement de l'impôt qui est une obligation légale pour tout contribuable et compte tenu de la fragilité des économies de nos Etats, nous pensons que la pandémie actuelle ne devrait pas être un moyen pour toute Institution de la République qui se respecte de rompre l'égalité entre les contribuables et de favoriser des entreprises non citoyennes par rapport à d'autres qui ont honoré leurs obligations, malgré la conjoncture, en faisant d'énormes sacrifices.

Aussi, les règles de transparence et de bonne gouvernance voudraient qu'à tout le moins, les critères d'éligibilité pour bénéficier de la remise de dettes, et éventuellement, les plafonds, soient connues de toutes les parties prenantes.

Ainsi, nous prônons des mesures plus justes économiquement, compte tenu de l'opacité qui risque d'entourer les remises de dettes fiscales, la rupture de l'égalité des contribuables devant la loi et le service public qui risque d'arriver et la sanction négative que risquent de subir les bons élèves du fisc du fait de la promotion d'une classe d'entreprises non républicaines ou simplement en défaut par rapport à leurs obligations fiscales (nous notons que certaines entreprises ont de réelles difficultés).

Pour des mesures plus justes économiquement, nous prônons qu'à titre de mesures concrètes, palpables et facilement perceptibles par les acteurs économiques et les salariés, qu'il soit mise en place une subvention de nos entreprises, au prorata de leurs charges salariales pour permettre par exemple de faire face au ralentissement des activités économiques et aux charges actuelles qui risquent, si l'on y prend garde, d'entraîner des mesures de licenciements économiques et un non respect des engagements vis-à-vis des fournisseurs, sans compter les spéculations qui pourraient en découler et créer des situations catastrophiques pour notre économie. Cela nous semble plus juste, plus pertinent et durable que les mesures annoncées par l'Etat.

Pour preuve, l'un de nos plus grands hôtels, le King Fahd Palace a déjà mis au chômage technique son personnel avec une baisse de 50% des rémunérations pour respecter les mesures de l'Etat. Il faut donc tout de suite penser à la mise en place d'un plan d'actions concret pour éviter le pire.

En outre, il est également envisageable, en sus de la mesure alternative sus-évoquée, pour les entreprises qui le souhaitent, de leur faire bénéficier d'un étalement de leur dettes fiscales et/ou d'un allègement de la dette proratisée, pareillement pour toutes les entreprises dans la même situation.

Pour ce qui concerne les aides alimentaires, nous proposons des critères d'éligibilité et que la quantité de dons par famille soit proratisée selon les moyens et la taille des familles. Il faut également bien organiser la distribution pour éviter tout mauvais usage de l'aide.

Aussi, nous pensons qu'il faut tout de suite déployer les gros moyens à temps pour en finir avec cette pandémie au plutôt en utilisant par exemple les milliards déjà collectés comme mesure d'atténuation du confinement volontaire mis en oeuvre par les entreprises ou du confinement forcée, en vue dans les prochains jours très certainement.

Il faut noter que certaines de nos entreprises peinent à libérer leurs employés à temps, pour respecter le couvre-feu qu'impose l'état d'urgence, du fait qu'elles ne sont pas accompagnées. Cela augmente considérablement le risque de contamination en entreprise.

C'est pour toutes ces raisons que nous invitons solennellement le Président de la République Monsieur Macky Sall à prendre les bonnes mesures à temps et à accompagner plus concrètement les pères de familles et les dignes Chefs d'entreprises qui contribuent beaucoup à faire de ce pays un pays prospère, malgré le défi du développement, toujours d'actualité.

Fait à Dakar,
Le 30/03/2020

Le Secrétaire Général
Monsieur Souleymane NDIAYE

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