Mairie Dakar, rivalité Apr-Ps-Afp : La guerre des trois aura-t-elle, lieu ?

En faisant d'Alioune Ndoye maire de Dakar, l'Apr risque de faire face lors des prochaines locales à un cas similaire à celui de Khalifa Sall en 2014. Par conséquent, du côté de Tanor comme de Macky Sall, le temps des manoeuvres fait rage. Mais Moustapha Niasse aura aussi, son mot à dire.

L'affaire parait simple : révoquer Khalifa Sall et le remplacer par un pro-Benno bokk yaakaar. Pourtant dans le puzzle, Macky Sall, Tanor Dieng et Moustapha Niass détiennent chacun des pièces. Une partie d'échec dans laquelle, chacune des 3 figures de proue de la coalition présidentielle veut sortir vainqueur. C'est donc le temps des grandes manoeuvres.

En convoquant les maires pro-Bby la semaine dernière, Ousmane Tanor Dieng a clairement décliné ses ambitions. « Alioune Ndoye ou rien », a dit le Secrétaire général du Parti socialiste d'après le journal Les Echos. En affichant une telle posture, le président du haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) part du postulat que Khalifa Sall doit être remplacé par un socialiste, et de surcroît un maire de Taxawu Dakar. Mais cette option aura-t-il, la caution de Bby. Si l'unité de façade entre leaders semble augurer une réponse positive, les calculs politiques en vue des Locales du 1er décembre 2019pourraienjt changer la donne.

Premièrement, le président de la République n'a pas révoqué le maire pour se retrouver avec un maire potentiel adversaire de l'Apr en 2019. Battue en 2014, l'Apr n'a pas mis en berne ses ambitions de diriger la capitale. À côté d'Amadou Ba et Abdoulaye Diouf Sarr, Moustapha Cissé Lo s'est rajouté à la liste des prétendants aperistes pour le fauteuil de maire de Dakar.

En outre, un bref rappel historique montre que le dénominateur commun entre Alioune Ndoye et les Aperiste de Dakar Plateau se limite à la guerre contre Khalifa Sall. Ainsi, demander aux conseillers municipaux du parti présidentiel de voter pour le socialiste n'est pas sans risque. Si Ndoye est élu, il sera difficile de lui ordonner de céder le fauteuil aux Aperistes en 2019 comme l'exigeait Mbaye Ndiaye à Khalifa lors des dernières Locales. Avec un pactole de 50 milliards de FCfa à gérer à la ville de Dakar, faire d'Alioune Ndoye le maire de Dakar parait comme un renforcement d'un futur adversaire. D'ailleurs, un conseiller municipal Bby évalue le risque : « Entre Alioune Ndoye et Banda Diop, je choisi le second ».

En tout état de cause, Macky Sall pourra toujours utiliser la machine judiciaire pour neutraliser l'actuel maire de Plateau, si et seulement si, la Cour des comptes qui a investi la mairie de Dakar-Plateau en décembre 2017, trouve des cafards dans la gestion du socialiste. Il se susurre que le même procédé aurait été utilisé pour faire chanter le maire de Patte D'oie, Banda Diop, qui s'est rapproché du camp présidentiel.

Dans cette lutte pour le contrôle de la ville de Dakar, le soutien de l'Afp à Alioune Ndoye n'est pas acquis. Les maires progressistes, élu sous la bannière de Taxawu Dakar, sont tous revenus (sauf Babacar Mbengue de Hann Bel-Air) chez leur patriarche, Moustapha Niasse. La candidature de Zator Mbaye ressemble à une sorte de trouble-fête ou est, pour rappeler au sein de de la coalition que l'Afp est bien présente avec deux maires : Santy Agne (Sicap Liberté) et Pape Seck (Hlm). En jetant un regard dans le rétroviseur sur la rivalité historique entre Tanor Dieng et Moustapha Niass, un soutien de Niass au candidat socialiste n'est pas gagné d'avance.

Alioune Ndoye, un autre Khalifa pour l'Apr

De plus Macky Sall pourra utiliser la carte Moustapha Niasse pour faire obstacle au candidat de Tanor. En 2014, l'Afp, institutionnelle était avec Benno bokk yaakaar face à Taxawu Dakar du parti Socialiste et ses alliés. Mais pour le Chef de l'Etat, son cheval s'est déjà désisté pour succéder Khalifa Sall. Abdoulaye Diouf Sarr semble mesurer les conséquences politiques d'un revers de Bby à la mairie de Dakar. A moins de 6 mois de l'élection présidentielle, le crédit du maire de Yoff risque de s'amenuiser sous les yeux du Président Sall. Le dernier exemple ne date pas de longtemps. En convaincant le président de la République de confectionner une liste lors des élections du Hcct, en septembre 2016, l'actuel ministre de la santé s'est vu attribué la défaite du pouvoir à Dakar. Un fait qui a failli lui couter son poste de ministre de la Gouvernance locale.

Sur le plan politique, il a vu Amadou Ba conduire la liste de Bby aux dernières Législatives. Chat échaudé craignant l'eau froide, Diouf Sarr ne voudrait pas répéter les mêmes erreurs. Cependant, Macky Sall pourrait chambouler ses plans en le désignant candidat de Bby. Et là, le maire de Yoff n'aura aucun autre choix que d'accepter la décision de chef de leur coalition.

Le Quotidien

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