Nioro : entre la vie et la mort, des contrebandiers violemment tabassés par des "indics" de la Douane (photos)

Nioro : entre la vie et la mort, des contrebandiers violemment tabassés par des "indics" de la Douane (photos)

Senenews Le 2019-10-16  Source

Les contrebandiers Ibrahima Barry et Souleymane Thiam n'oublieront pas de sitôt la matinée du dimanche 13 octobre. Après avoir quitté la Gambie avec de l'huile et du sucre sur leur moto, ils ont été surpris aux environs de 10 heures par la furie de deux pisteurs de la Douane dans la forêt de Keur Moussa, commune de Wack Ngouna, dans le département de Nioro.

Le jeune Barry, le bras et la jambe cassés revient sur les circonstances du calvaire qu'il a vécu.» Nous étions deux sur nos motos, j'étais derrière et j'avais rien vu venir. Ils ont surgi des herbes et ont frappé Souleymane qui a perdu le contrôle après quelques mètres. Quand j'ai immobilisé ma moto, ils m'ont attaqué avec des gourdins et une machette et m'ont cassé les membres», raconte t- il.

Souleymane qui s'en est tiré avec une main fracturée, déplore le fait que des civils comme eux aient l'audace de les frapper. «C'est comme ci le pays n'avait pas de loi. C'est pas la première fois que des pisteurs blessent des personnes et c'est toujours des affaires sans suite», se révolte t- il. «Je n'ai dû mon salut qu'aux femmes et jeunes du village qui étaient dans les champs. Quand je suis tombé, j'avais perdu connaissance, ils m'ont secouru, sans leur promptitude j'allais mourir.»

Porte-parole des » fraudeurs» de la zone, Mouhamed Ndao est catégorique, pour lui la faute incombe au douanier qui a mandaté des civils non formés pour faire son boulot. «Les pisteurs doivent quitter les postes de Douanes. On ne doit pas donner des armes et des menottes des civils comme N.F et M.ND pour qu'ils commettent des actes répréhensibles», crie t-il.

Déterminés porter l'affaire devant la justice, les contrebandiers de Nioro appellent les autorités douanières prendre leur responsabilité avant que l'irréparable ne se produise car les cas de violences imputées aux «indicateurs » commencent faire foison.

Babacar Touré

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