NON, MONSIEUR TINE, IL NE LE FALLAIT PAS... (Par CHEIKHNA CH. SAADBOU KETA Porte-parole du RAPEL)

NON, MONSIEUR TINE, IL NE LE FALLAIT PAS... (Par CHEIKHNA CH. SAADBOU KETA Porte-parole du RAPEL)

Dakaractu Le 2019-11-17  Source
Mais non, monsieur TINE. Il ne vous fallait absolument pas du tout sortir par l. Alors absolument pas vraiment. Ne serait-ce que pour le respect que vous devez tous les sénégalais et tout particulièrement celui-l que vous avez comparé cette chose exécrable qu'est le virus du sida. Car, quel que soit ce que vous lui reprochez, Serigne Mbacké NDIAYE ne mérite pas d'être traité de la sorte par n'importe lequel de ses concitoyens. Et je viens vous parler ainsi parce qu'il mérite bel et bien ce respect que chacun nous tous espère de ses semblables et que pourtant, vous venez d'exiger que personne ne lui accorde. Tout simplement parce qu'il a exprimé son point de vue personnel sur une question qui nous interpelle tous, directement et de manière très actuelle. Le fait de ne pas être du même avis que lui l-dessus ne vous donne pas le droit de l'insulter et de nous inviter le mépriser. Votre propos disant tout cela la fois. Et désolé de vous dire que dans cette affaire vous avez été méchant et inélégant. Comme l'ont souvent été tous ceux qui passent leur temps insulter les gens travers les réseaux sociaux. Et pour quoi, vraiment.
Dites-nous donc cher compatriote, serait-il arrivé sans que personne ne le sache, que soient abrogées d'un seul coup toutes les chartes et toutes les lois qui garantissent la liberté d'opinion qu'il me semble vous avoir au moins une fois entendu défendre ? Certainement pas du tout. Cette liberté est donc toujours l. Vous le savez bien. Parce que compte tenue de votre métier, sa protection n'arrêtera jamais de vous interpeller. Et dès lors, dans une telle circonstance votre réaction devait être de défendre Monsieur Serigne Mbacké NDIAYE contre des agresseurs moins avertis que vous. Plutôt que de le rudoyer comme vous l'avez fait. Car même si votre conviction personnelle est que la limitation de l'exercice de la fonction de Président de la République deux mandats successifs est un principe démocratique inaliénable, le débat sur la question d'un éventuel 3eme mandat pour le Président Macky SALL ou pour n'importe quel autre Président de la République du Sénégal, ne sera jamais définitivement clos tant qu'il y aura un sénégalais qui se prévaut d'avoir sur cette question, un avis contraire celui que partagent tous ses autres compatriotes. Malheureusement pour tous ceux qui voudraient qu'il en soit autrement, il est juste de le dire. Parce que nous sommes sur le terrain de la politique, donc sur celui des idées, des choix et des arguments. Et non sur celui des dogmes et donc du fanatisme. S'il vous plait.
Ceci afin de pouvoir dire que ce que nous souhaitons tous c'est de trouver le meilleurs système du monde pour notre pays. Ce qui n'est pas forcément la même chose que de lui appliquer cette démocratie qui limite deux mandats successifs l'exercice de la fonction de Président de la République. C'est au Sénégal que ça se passe et entre nous sénégalais seulement. Et aujourd'hui c'est nous et personne d'autre, qu'il revient d'armer ce pays mieux porter les générations futures de ses citoyens. Interdisons-nous donc de nous laisser inspirer par autre chose que le souci de nous acquitter honorablement de cette responsabilité et battons ensemble en nous respectant les uns les autres pour la réalisation de cette noble mission. Au lieu de nous entredéchirer tout juste parce que nous défendons que le Sénégal s'impose d'adopter sans rechigner un modèle de système démocratique qui en réalité n'est que l'avatar de modèles qui continueront d'évoluer.
Ne serait-ce qu' cause de l'intérêt du débat que l'acte qu'il a posé a suscité effectivement, Serigne Mbacké NDIAYE a bien fait, en affichant qu'il est contre une quelconque limitation des mandats de Président de la République. Mais surtout il a bien fait en bousculant une fixation qui ne relève que de la volonté de se soumettre sans piper un seul mot, tout ce qui est dicté aux pays africains comme le nôtre, par cet occident qui veut qu'on lui concède de même mieux connaitre que nous ce qui nous devons vouloir jusque dans des domaines liés nous coutumes, nos moeurs et nos convictions religieuses. Comme l'homosexualité, la monogamie ou le contrôle de la fécondité des femmes africaines. Pour ne citer que ces exemples. Alors que, parce que le monde est entrain de changer partout et a pas de géant, il est plus que jamais nécessaire de remettre en cause jusqu' la manière dont nos pays fonctionnent politiquement. Non pas pour la changer. Mais plutôt pour y maintenir tout ce que nous croyons le mieux adapté leur situation particulière ou pour y ajouter tout ce qui peut l'enrichir et la valoriser.
C'est d'ailleurs l'occasion de rappeler qu'au Sénégal les choses n'ont en vérité pas toujours été comme elles se présentent actuellement sur le plan institutionnel et sur celui de la dévolution du pouvoir politique. Pour dire que notre pays est parti d'un système parlementaire bicéphale pour se retrouver après l'éviction de Mamadou DIA par Senghor, avec un système présidentiel renforcé dans lequel le Chef de l'Etat est en même temps le Chef du Gouvernement et avec un parti unique de fait, l'Union Progressiste Sénégalaise (UPS) dont la vocation déclarée était de regrouper en son sein toutes les forces vives de la Nation. Mais aussi, celle de rappeler qu'il n'est arrivé sa situation actuelle qu'après plusieurs révolutions constitutionnelles ayant eu lieu durant les 60 années qu'il a vécu en tant qu'état indépendant. C'est pourquoi nous devons refuser de nous crisper autour de considérations subjectives qui ne peuvent que nous induire vers des adversités malsaines. Et entretenir nos différences sur tous les plans en acceptant de les confronter positivement pour qu'elles puissent nous rapprocher continuellement et nous permettre ainsi d'oeuvrer offrir au Sénégal le plus beau système politique du monde.
Et nous ne devons jamais nous laisser emporter par des exigences de quelques natures qu'elles soient, au point d'oublier que notre pays est le seul grand projet que nous sommes tenu de réaliser ensemble en nous faisant fort de tout le temps nous retrouver autour de l'essentiel et de ne jamais privilégier que ses intérêts. Mettons-nous donc le faire. Au lieu de nous échiner défendre des choix qui, en réalité, ne relèvent que du besoin de préserver sans l'avouer, des intérêts personnels. Et surtout, en fermant la porte aux échanges d'arguments avec des précédés déloyaux du genre de toutes ces caractérisations dérangeantes, parce qu'insultantes de l'honneur et de la dignité de celui qui elles sont adressées.
Vraiment, arrêtons de nous comporter de la sorte. Ce qui nous grandit tous étant de nous mettre sans tarder faire les choses notre façon. C'est--dire de refuser qu'au Sénégal toutes les choses du monde se fassent systématiquement comme d'autres ont adopté de faire chez eux. En évitant bien évidemment de verser dans ces nationalismes de façade qui poussent rejeter en bloc tout ce qui vient d'ailleurs. Parce que dans cette quête perpétuelle du meilleur pour notre pays, la pluralité des points de vue est essentielle.

CHEIKHNA CH. SAADBOU KETA
Commissaire de Police la retraite
Porte-parole du RAPEL

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