Nouvelle journée de manifestations contre la loi «sécurité globale»

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Ils ne désarment pas : les opposants à  la proposition de loi « sécurité globale », qui pénalise notamment la diffusion malveillante d’images de policiers, manifestent de nouveau samedi à  Paris et dans plusieurs villes du pays.

Près de 80 rassemblements «pour le droit à  l’information, contre les violences policières, pour la liberté de manifester et contre la surveillance de masse» sont prévus. Mais sur une bonne moitié nord du pays les protestataires feront face à  une météo hostile, avec 32 départements placés en vigilance météo pour la neige et le verglas.

Ces «marches des libertés» se déroulent à  l’appel de la coordination d’associations et syndicats mobilisés contre ce texte, qui restreint notamment la diffusion d’images des forces de l’ordre.

Les manifestants seront rejoints dans de nombreuses villes (Paris, Bordeaux, Lille, Nantes, Rennes.) par les «teufeurs» de la mouvance des «free parties». Celle-ci est rarement unie, mais elle fait cette fois front commun «pour le droit à  la culture» et contre la «répression disproportionnée» après la rave party de Lieuron (Ille-et-Vilaine) qui a réuni 2.400 personnes au Nouvel an.

A la mi-journée, des images postées sur les réseaux sociaux témoignaient de rassemblement, parfois très limités, dans diverses localités, Bayonne, Laval, Blois, Brive, Besançon ou Clermont-Ferrand.

A Paris, la manifestation doit partir à  14H00 de la place Daumesnil pour rejoindre celle de la Bastille.

Malgré «une mobilisation sans précédent pour la défense des libertés, le gouvernement (nous) a opposé une fin de non-recevoir», regrette, dans son appel à  manifester, la coordination.

Celle-ci regroupe des associations comme La Ligue des droits de l’Homme et Amnesty, ainsi que de nombreux syndicats et associations, de journalistes et réalisateurs notamment.

La proposition de loi, déjà  votée en première lecture à  l’Assemblée nationale, doit être examinée en mars au Sénat.

«Les enjeux sont (.) majeurs. Ils touchent au respect même de l’Etat de droit» et du contrôle des autorités «par les citoyens, le Parlement, la justice et la presse», soulignent les associations, qui ajoutent que «les mesures de surveillance de la population doivent, elles, demeurer l’exception».

Elles exigent toujours le retrait de plusieurs dispositions, à  commencer par l’article 24, qui pénalise la diffusion malveillante d’images de membres des forces de l’ordre.

Le collectif, qui demande à  être reçu par le président Emmanuel Macron, cible également les articles 21 et 22 sur l’usage des caméras-piétons et des drones par les forces de l’ordre, et du «nouveau schéma national du maintien de l’ordre» (SNMO), régulièrement invoqué par les forces de l’ordre pour limiter la couverture médiatique des manifestations.

«C’est la reprise du combat», note Gérald Le Corre, un des responsables de la CGT en Seine-Maritime, qui déclare sentir venir un «vent de colère» avec l’extension du couvre-feu à  18H00 et parce que «les seules libertés» accordées le sont «à  l’économie».

La proposition de loi a été vivement critiquée en France par la Défenseure des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, et à  l’étranger par des rapporteurs spéciaux des Nations unies et la commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe.

La mobilisation contre le projet de loi «sécurité globale», lancé le 17 novembre, a donné lieu à  plusieurs journées de manifestations, souvent rejointes par des «gilets jaunes». La plus importante, le 28 novembre, a rassemblé 500.000 personnes dans le pays selon la coordination, 133.000 selon le gouvernement.

Plusieurs, à  Paris notamment, ont été ponctuées de heurts avec les forces de l’ordre.

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