Pluies diluviennes à  Dakar : La banlieue, encore otage des eaux

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L'OBS – Composée de quartiers flottants dépourvus des moindres infrastructures d'assainissement, la banlieue paie toujours le plus lourd tribut des inondations. Hier, dans certaines communes, les populations ont fourni des efforts surhumains pour tenter de venir à  bout du monstre des inondations.Toutes proportions gardées, la situation vécue par les populations de la banlieue après les fortes pluies d'hier n'est pas sans rappeler celle de 2005 avec son cortège de désagréments multiformes. Si les infrastructures réalisées par l'Etat ont permis de juguler le mal de  l'impraticabilité de certaines artères et routes qui par le passé en avaient fait voir de toutes les couleurs aux automobilistes, tel n'est pas le cas pour les rues et ruelles de certains quartiers des communes de Jiddah Thiaroye Kao Thiaroye-Gare.Au quartier Pikini-Bougou de la commune précitée, nombreuses sont les concessions qui ont été à  la merci des eaux pluviales. Qui n'ont pas épargné le domicile du maire Babacar Séne au point de contraindre les occupants des chambres à  sortir. En dépit de la solidarité agissante du voisinage et la mobilisation de motopompes, le trop plein d'eau qui a pris en otage le bloc de maisons voisines du maire n'a pu être évacué jusque tard dans la soirée. A quelques jets de pierres de là , plus précisément dans le quartier Daroulaye qui marque la frontière avec la commune de Jiddah Thiaroye Kao, la situation est pire. Faute de moyens adéquats pour juguler le mal, l'on a dû recourir aux moyens rudimentaires du bord pour réduire la furie des eaux qui ruisselaient pour envahir les maisons situées dans les zones dénommées «Tolbi» et «Penc Diola». Les désagréments des fortes pluies qui se sont abattues hier se sont manifestés sous d'autres formes tout aussi. Des personnes ont cru devoir profiter de l'occasion pour vider leurs fosses septiques et mêler le contenu avec les eaux qui ruisselaient, occasionnant partout un décor insalubre, malodorant intenable. Durement éprouvées par les conséquences des fortes pluies qui se sont abattues hier et avant-hier et de peur de s'exposer à  des inondations, les populations sinistrées prient vivement pour qu'il ne pleuve pas encore avec la même intensité et la même durée, le temps d'évacuer les eaux qui les ont déjà  prises en otage.AMARY GUEYEL'axe Patte d'Oie-Camberène fermée à  la circulationAprès la pluie, c'est le beau temps, a-t-on souvent coutume de dire. Mais, durant la journée d'hier, après la pluie, c'était le sale temps dans la capitale sénégalaise. Avec les fortes pluies qui se sont abattues à  Dakar, entre samedi et dimanche, Dakar a renoué avec les inondations. La quasi-totalité des quartiers sont envahis par les eaux, l'axe allant de la Patte d'Oie au croisement de Cambérène a été fermé à  la circulation, parce que submergé par les eaux de pluies. Les eaux ont débordé du lit du marigot de la Patte d'Oie pour envahir une partie de l'Autoroute à  péage, malgré toute l'ingéniosité qui y a été effectuée pour épargner cette voie. Ainsi, les usagers étaient obligés de contourner cet obstacle par des détours. Soit en empruntant les ruelles des Maristes ou en passant par le rond-point Case-Bi, entraînant du coup des embouteillages monstres. C'est dans un méli-mélo, où les nerfs ont chauffé des fois, qu'automobilistes et usagers ont pris en leur mal patience.Le mur des cimetières Saint Lazare emporté et plusieurs tombes détérioréesLes fortes pluies annoncées par l'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie (Anacim) et qui ont été enregistrées hier, plongeant plusieurs quartiers de Dakar sous les eaux, n'ont pas épargné le cimetière catholique Saint Lazare. Ce cimetière niché entre la Voie de dégagement nord (Vdn) et la piste de l'Aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar, a vu une partie de sa clôture emportée par les eaux de ruissellement. Outre la destruction du mur de clôture, plusieurs tombes ont été détériorées, d'autres envahies par les eaux. Les clichés sont désolants. L'Aéroport Léopold Sédar Senghor, jouxtant le cimetière Saint Lazare, n'a pas été épargnée non plus par la furie des eaux. La devanture de l'aéroport a été complètement inondée, empêchant toute activité le temps que les eaux soient évacuées.EL HADJI FALLOU FAYE   THIAROYE/MERLe cimetière inondé, les populations craignent pour leur santéLors de l'hivernage 2012, l'image du cimetière de Thiaroye/mer inondé qui défilait sur les écrans des télévisions sénégalaises, soucieuses d'alerter les autorités sur les fâcheuses conséquences des inondations, avait suscité l'émoi et l'indignation de l'opinion qui s'était vivement insurgée contre l'inertie des autorités locales. 3 ans après, le cimetière de Thiaroye/mer a encore été la proie des eaux. Une situation alarmante qui a poussé Yaye Bayame Diouf, présidente du Collectif des femmes contre l'émigration clandestine (Coflec), à  lancer un signal de détresse : «Ne serait-ce pour le respect dû à  la mémoire des morts et pour prévenir les risques d'épidémie qui seraient lourdes de conséquences, nous en sollicitons l'implication du pouvoir central pour qu'on n'ait pas encore à  vivre une telle situation à  l'avenir. GUEYE

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