Port vestimentaire des filles, mode ramadan
Dakar, 23 mai (APS) - Le ramadan, son esprit qui se veut particulier, la retenue des gens, dans une ambiance de pénitence, cet air de spiritualité générale sur lequel surfent de nombreux fidèles: beaucoup de filles, par exemple, profitent souvent de ce mois béni pour changer de style vestimentaire, se couvrir de plus en plus le corps en vue de s'adapter ce contexte particulier, fait de pudeur.
Mais elles ne sont pas toutes dans cet esprit, certaines au contraire maintiennent les mêmes habitudes vestimentaires, résistantes d'un genre particulier qui laissent entendre que la foi ne peut s'assimiler un effet de mode.
"C'est comme cela que je m'habille depuis que je suis toute petite, pourquoi changer, certes je suis musulmane et je jeûne mais je ne vois pas l'importance de changer", fait ainsi valoir Aïssatou Diop, étudiante en master 2 du département de géographie de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.
A l'UCAD, l'effet de masse peut faire quela foi devienne plus entraînante, contagieuse même, pour conduire des changements parfois les plus inattendus.
Mais Aïssatou, habillée d'un pantalon et d'un haut n'en a cure et assume sans complexe son style vestimentaire qui ne fait pas très ramadan.
"Je ne trouve pas pertinent de changer la façon de m'habiller juste pour le mois de ramadan. Je suis consciente que ce n'est pas préférable de s'habiller ainsi, car chaque fois que je veux prier, je porte autre chose, mais je pense que c'est hypocrite de changer de style vestimentaire juste pour le mois de ramadan", se justifie-t-elle.
Mame Diarra Sylla, étudiante en gestion de chaîne d'approvisionnement et logistique, voilée mais sans que ce style soit lié au ramadan, fait observer que "si on pouvait parler de pourcentage, les jeunes filles, 70 pour cent, ont changé de mode d'habillement".
Un changement qui semble amuser la limite cette pensionnaire du lycée technique et industriel Maurice Delafosse.
La jeunesse sénégalaise reste toujours attirée par les styles élémentaires inspirés par la mode du moment, ramadan ou pas, laisse entendre Mame Diarra, déplorant les habitudes consistant porter des vêtements dénudés, pas recommandés par l'islam.
Mame Diarra se refuse de juger mais estime que les filles doivent changer leurs habitudes pour tenir compte davantage des prescriptions de l'islam travers leurs habillements.
"C'est important d'être en phase avec la religion durant le mois de ramadan, car c'est en quelque sorte un mois de promotion. Il faut multiplier les bonnes choses, y compris dans sa manière de s'habiller", argumente-t-elle.
La technicienne de surface Marie Thérèse Mendy, femme mûre d'une quarantaine d'années trouvée quelque 100 mètres après le lycée Delafosse, est de la même opinion que Mame Diarra.
Les femmes changent certes leurs habitudes vestimentaires pendant le ramadan, mais "elles devraient continuer ainsi après, car c'est plus respectueux et plus beau voir", soutient Marie Thérèse Mendy, de confession musulmane bien que son prénom ne l'indique pas.
Interrogé ce sujet, Ya Moussa Diatta, un islamologue trouvé en plein prêche dans une mosquée de la Gueule Tapée, rue 67x50, considère que "c'est bien de prendre conscience des bienfaits du ramadan afin de changer de comportement mais cela doit continuer" dans ce sens même en temps ordinaire.
Il appelle l'introspection et la persévérance, d'autant que selon lui, les fidèles qui renoueraient avec d'anciennes habitudes une fois le ramadan terminé, devraient se convaincre qu'ils n'étaient pas en adéquation avec les préceptes de leur religion.
Le prêcheur convoque un verset coranique dans lequel il est demandé aux femmes, sur le mode impératif, de porter des vêtements décents et de les ramener sur elles, afin qu'elles ne soient pas offensées.
"Donc, la femme doit s'habiller ainsi durant toute sa vie, et ce qui est déplorable au Sénégal, c'est que les femmes ne s'y réfèrent que durant le mois de ramadan", indique Ya Moussa Diatta.
Dans certains cas où les femmes porteraient des habits jugés corrects, il s'agit de "pantalons très serrés et de voiles qui couvrent moitié la tête", s'interroge cet islamologue.


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