POUR L’EXTENSION DU VILLAGE TRADITIONNEL : Ngor demande 50 ha sur le site de l’ancien aéroport Léopold Sédar Senghor

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Le Collectif pour l’extension du village traditionnel de Ngor mène un grand plaidoyer pour l’acquisition de 50 hectares sur le site de l’ancien aéroport Léopold Sédar Senghor. En conférence de presse hier, les Ngorois ont également dressé un bilan critique sur la gestion et l’attribution des parcelles sur ce site.

 

Le village traditionnel de Ngor a une forte densité avoisinant 5 000 habitants au km2. Il est l’une des communes les plus peuplées du Sénégal. C’est pourquoi ses habitants appellent à  sa restructuration, étant donné que cette situation n’est pas sans conséquence. Le Collectif pour l’extension du village traditionnel de Ngor souligne, en effet, qu’il n’y a plus de zones de recasement disponible, à  cause de la boulimie foncière qui a affectée la bourgade. Ils assistent à  »˜’une spoliation totale du patrimoine foncier traditionnel ».

Selon les membres de ce collectif, l’espace libéré par la délocalisation de l’aéroport »˜’reste et demeure la seule possibilité » d’acquisition de zones d’extension et de réalisation de projets socio-économiques et culturels pour le village traditionnel de Ngor. Ils demandent donc 50 ha sur le site de l’ancien aéroport Léopold Sédar Senghor pour étendre le périmètre de leur village.

 »˜’Nous sollicitons de l’Etat du Sénégal l’affectation de 50 hectares au village de Ngor, en vue de l’aménagement d’une nouvelle zone de recasement et d’extension sur le site de l’aéroport Léopold Sédar Senghor ; le développement de projets structurants au profit des populations ; la restructuration du village traditionnel de Ngor et l’amélioration du cadre de vie », a déclaré le président dudit collectif, El Hadj Mamadou Ndoye, lors du point de presse organisé hier avec la collaboration des notables, des mouvements associatifs de jeunes et de femmes, etc.

D’ailleurs, d’après M. Ndoye, le président Macky Sall avait formulé, à  plusieurs reprises, la promesse de leur attribuer une partie de l’espace situé dans la zone aéroportuaire, après avoir dénoncé »˜’l’irrégularité de ses occupations », lors de l’ouverture de la campagne présidentielle de 2012.

Malgré tout, note-t-il, des morcellements et des opérations de recasement s’y effectuent, depuis 2013.  »˜’Alors, pourquoi pas aux Ngorois, citoyens sénégalais, riverains ? D’autant plus que la loi constitutionnelle n°2016-10 du 5 avril 2016 portant révision de la Constitution, consacre la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens : droits à  un environnement sain, sur leurs ressources naturelles et leur patrimoine foncier », a-t-il plaidé.

Menaces multiformes 

En effet, Ngor est coincé entre l’enclume de l’avancée de la mer et le marteau de »˜’l’absence d’espaces vitaux » pour les générations futures, selon le porte-parole du Collectif pour l’extension du village de Ngor, El. Abdoulaye Sambe, par ailleurs Conseil des notables de Ngor. Aussi, il relève que le village traditionnel »˜’souffre et suffoque », car surpeuplé, avec une population estimée à  près de 25 000 habitants sur une superficie inférieure à  4,5 km2, pour une densité de plus de 5 000 hab./km2, soit soixante fois supérieure à  la moyenne nationale.

Ainsi, »˜’cette surpopulation est la cause de tous nos maux liés à  l’environnement, aux problèmes sanitaires, à  la promiscuité, à  la dégradation des mÅ“urs, à  l’insécurité, à  la délinquance, à  la déperdition scolaire due à  l’éloignement des centres d’enseignement secondaire et technique, à  la précarité due à  la disparition des activités économiques traditionnelles, l’absence de l’intervention de l’Etat dans tous les domaines en direction des jeunes, des femmes et des personnes à  mobilité réduite », a-t-il listé, estimant que »˜’Ngor est une bombe à  retardement ».

BABACAR SY SEYE

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