Pourquoi le Classique OM-PSG fait de l’ombre au Clasico Barça-Real

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Ce dimanche, le choc français pourrait s’avérer plus intéressant que l’affiche espagnole, prévu quelques heures plus tôt.
Ce dimanche s’apparente à  un festin pour les gourmands de football. Le menu proposé, gastronomique et copieux, devrait contenter tous les appétits, même les plus aiguisés : FC Barcelone-Real Madrid (16h15), Manchester United-Liverpool (17h30), Inter Milan-Juventus Turin (20h45) et Olympique de Marseille-Paris Saint-Germain (20h45). Par le passé, c’est le premier plat de la carte qui aurait eu les faveurs des palais. Mais cette saison, nombreux sont ceux qui salivent davantage devant le dernier mets.
Quand le FC Barcelone et le Real Madrid s’affaiblissaient…
Pour faire un bon repas, la qualité des produits est essentielle. Force est de constater que le Classique est désormais supérieur au Clasico sur ce point, du moins en ce qui concerne les têtes d’affiche. Et c’est en grande partie grâce au club parisien. L’arrivée de Lionel Messi dans la capitale française l’été dernier pourrait à  elle seule l’expliquer. En réalité, ces dernières années, Blaugrana et Merengue ont perdu de leur saveur au fur et à  mesure des départs de certains de leurs meilleurs éléments. Outre la «Pulga», Andres Iniesta, Neymar, Antoine Griezmann et Luis Suarez – pour ne citer qu’eux – ont quitté la formation barcelonaise au fil des saisons tandis que Keylor Navas, Sergio Ramos, Raphaà«l Varane et surtout Cristiano Ronaldo ont refermé la porte de la Maison Blanche derrière eux.
 
Cet exode espagnol, le Paris Saint-Germain en a largement profité puisque Neymar, Messi, Navas et Ramos – encore indisponible ce dimanche – sont venus garnir ses rangs. Les déceptions, voire les désillusions, subies par les deux ogres de la Liga espagnole sur la scène européenne – on se souvient de la cuisante défaite 2-8 du FC Barcelone contre le Bayern Munich en aoà»t 2020 – ces dernières saisons témoignent de leur déperdition sur le plan sportif, même si le Real reste sur une apparition dans le dernier carré de la Ligue des champions.
…le Paris Saint-Germain se renforçait
De manière générale, quand les deux plus grandes formations espagnoles s’affaiblissaient, les Rouge et Bleu se renforçaient, au point de créer la plus grande réunion de stars du ballon rond depuis l’époque des Galactiques au début du XXIe siècle. Et aujourd’hui, les effectifs barcelonais et madrilène souffrent de la comparaison avec celui de Mauricio Pochettino : Keylor Navas, Gianluigi Donnarumma, Marquinhos, Achraf Hakimi, Marco Verratti, Georginio Wijnaldum, Angel Di Maria, Neymar, Lionel Messi, Kylian Mbappé, de très nombreux joueurs parisiens font partie des meilleurs, voire des tout meilleurs du monde à  leur poste quand Ronald Koeman et Carlo Ancelotti doivent essentiellement composer avec des éléments en fin de cycle et de jeunes (grands) espoirs. Les grands matches sont aussi l’affrontement entre grands joueurs et dorénavant, ni le FC Barcelone, ni le Real Madrid ne comptent un élément de la trempe de Lionel Messi ou Kylian Mbappé, même si Karim Benzema affiche un niveau très élevé depuis plusieurs années.
 
Alors logiquement, le Clasico déchaîne un peu moins les passions tandis que le Classique devient de plus en plus attirant. Pour preuve : «Evidemment, l’intérêt en Espagne est supérieur à  auparavant, comme l’ont prouvé les chiffres du premier match de Messi contre Reims [2,2 millions de téléspectateurs en moyenne, et un pic à  6,7 millions d’après Mediaset, un record pour un match d’un championnat étranger, NDLR]», confie à  l’AFP une responsable de communication du groupe Kosmos qui détient les droits de commercialisation de l’élite française en Espagne. Avant d’ajouter : «Il devrait y avoir minimum autant de gens (dimanche) que pour ce match-là . Le public espagnol consomme du football français parce qu’il consomme ses stars.»
L’OM redevenu alléchant
Si l’équipe du Paris SG donne l’eau à  la bouche sur le papier, l’Olympique de Marseille n’est pas en reste. Bien entendu, l’effectif phocéen n’est pas au niveau de celui de son rival ou de ceux du FC Barcelone et du Real Madrid, mais il s’est considérablement amélioré ces derniers mois, au point de devenir lui aussi alléchant. Depuis la prise de pouvoir de Jorge Sampaoli en mars, et encore plus depuis le début de la saison, Dimitri Payet a retrouvé son meilleur niveau, celui qu’il affichait sous les ordres de Marcelo Bielsa et à  West Ham. Capable de pimenter une rencontre avec une pincée de créativité, il rappelle à  ceux qui en doutaient qu’il est l’un des joueurs les plus talentueux de Ligue 1 et l’un des meilleurs d’Europe dans son registre comme les statistiques le soulignent. L’increvable et fougueux Mattéo Guendouzi, le virevoltant Cengiz àœnder ont aussi donné du goà»t à  cette formation marseillaise. Tout comme l’arrivée d’Arkadiusz Milik l’hiver dernier, capable par son efficacité de faire basculer une rencontre.
Une Ligue 1 plus savoureuse
Autre élément à  prendre en compte pour comprendre l’engouement autour du Classique : la transformation de la Ligue 1. Longtemps considérée comme fade, l’élite française est devenue savoureuse. Ces derniers mois, les matches du championnat de France sont assaisonnés par l’intensité, agrémentés de buts et d’innombrables occasions et les spectateurs et les téléspectateurs se régalent des délices techniques proposés par les talents de l’Hexagone.
 
Maintenant, même si tout reste à  confirmer, la L1 n’a plus à  rougir face à  ses prétendues grandes sÅ“urs européennes. Elle possède même tous les ingrédients pour plaire aux fins gourmets. L’un des symboles de ce renouveau est Jorge Sampaoli. Avec son système hybride, sa philosophie de jeu portée vers l’avant, l’ex-sélectionneur de l’Albiceleste propose du spectacle avec son équipe. Pour le moment, la cuisine du chef argentin est goà»teuse et efficace. Ce dimanche, ce sera donc l’affrontement de deux styles diamétralement opposés : la fougue du collectif marseillais face à  la force mentale parisienne et sa myriade de stars. Appétissant.
Le Clasico reste indétrônable
Malgré tout, si l’intérêt pour le Classique s’accroît, le Clasico reste, il faut le dire, indétrônable. De par son aspect historique, la confrontation entre le FC Barcelone et le Real Madrid est un événement suivi dans le monde entier : à  ses plus belles heures, la rencontre était tout de même regardée par plus d’un demi-milliard de personnes sur la planète. Alors que de son côté, le match entre Marseillais et Parisiens attire encore essentiellement les initiés français. Sans doute en partie parce que les fans des Blaugrana et des Merengue sont bien plus nombreux sur l’ensemble du globe que ceux des Phocéens et des Rouge et Bleu ; même si ses récentes excellentes performances en Ligue des champions permettent au Paris SG de grossir considérablement les rangs de ses supporters. En Grande-Bretagne, terre de football, la Ligue 1 est en tout cas moins suivie que la Liga BBVA. D’après un sondage YouGov publié cette semaine, seuls 12% des fans de ballon rond britanniques s’intéresseraient au championnat français tandis qu’ils seraient près du double – 23% – à  porter de l’intérêt à  la ligue espagnole.
Cette semaine, dans un entretien accordé à  ESPN , Karim Benzema a aussi tenu à  rappeler le caractère particulier du choc espagnol : «C’est le meilleur match de football au monde, quels que soient les joueurs qui sont ici, ceux qui sont partis. C’est l’histoire. C’est le football. [Avant Ronaldo et Messi] il y avait Zinédine Zidane, il y avait Ronaldinho, il y avait Ronaldo, il y avait Samuel Eto’o. Les noms changent, mais Real Madrid contre Barcelone reste Real Madrid contre Barcelone, quels que soient les joueurs. La pression est différente», a indiqué l’avant-centre des Bleus. Ce dimanche, les deux rencontres ne seront pas en opposition directe. Les amateurs de football n’auront donc pas à  choisir et pourront se délecter des deux belles affiches. Après tout, l’appétit vient en mangeant.

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