Quand Macky ne fait pas l'unanimité !
«Si le président ordonne l'ouverture des mosquées, ce serait juste pour plaire aux imams et chefs religieux. Déjà, le Sénégalais a du mal à respecter les consignes édictées par les autorités. Un message d'allègement des mesures viendra conforter l'idée que la maladie à Covid-19, c'est du théâtre, et donc à la corbeille le respect des règles édictées pour endiguer le mal », a déclaré Samba Ndione.

Et de poursuivre : « Monsieur, ce pays va mal et très mal. En tout, nous suivons les autres et même pour nos prévisions, nous avons pris les paramètres de l'extérieur. C'est lamentable. Pour ouvrir les écoles, on a attendu la France et maintenant pour un allègement des mesures de prévention et de protection adoptées, Macky Sall s'en remet au imams au lieu d'écouter les spécialistes en santé publique ».

Rama Cassé rejoint notre interlocuteur mais attire l'attention sur un autre angle d'appréciation. « Le Sénégal est dirigé à 50% par le gouvernement reconnu par la Constitution et l'autre moitié par les autorités religieux musulmanes. J'ai appris la folle idée de rouvrir les mosquées et d'alléger le couvrefeu, et je me demande comment quelqu'un qui a eu dignement son baccalauréat, peut fermer les écoles et les mosquées à moins de 100 cas et rouvrir tous ces lieux publics quand le Sénégal décompte plus de 1000 cas sur ces lits d'hôpitaux », a déclaré l'étudiante en médecine Rama Cassé
.
Et d'ajouter : « je suis musulmane et je précise que j'en suis une fervente. Les Chrétiens ont jeûné dans ce même pays sous le couvre-feu instauré par Macky Sall et la fermeture des lieux publics sans bruit ni tapage. Au tour des musulmans, et il est impossible d'allumer son téléphone sans lire un message qui relaie des révoltes contre des policiers, comme l'illustrent certains cas d'insurrection contre les forces de l'ordre lors du couvre-feu. Le Sénégal a-t-il un statut particulier dans la pratique de l'Islam ? Ne peut-on pas laisser mourir nos appartenances religieuses pour sortir indemne du chaos qui nous guette ?».
Toujours dans cette note de dépréciation de la décision du chef de l'Etat d'ouvrir les mosquées et d'alléger le couvre-feu, Caroline Bèye, gérante d'un Cyber-Café à la Patte d'Oie, crie sa désolation et qualifie la décision de « non-sens ».

Selon cette dernière, le pilote de ce pays est tout simplement subjugué par les autorités religieuses. « C'est du charlatanisme, sinon Macky Sall, ne peut pas imaginer ouvrir les mosquées alors qu'ils prient Dieu pour que les cas de Covid-19 chutent », fulmine Caroline Bèye. Nombre de personnes interrogées, mais pas une seule voix pour être en faveur de l'allègement du couvrefeu ou autre réouverture des mosquées. Pour dire que la décision de Macky Sall ne fait pas consensus.

Nous vous recommandons