RALENTISSEMENT DE SES INVESTISSEMENTS : Le cri de détresse du Mali

Avec plus de 20 % de son budget consacré la défense de son territoire, le Mali fait face un ralentissement criard de ses investissements. Le Premier ministre a tiré, hier, la sonnette d'alarme et demande que cette manne soit extraite du calcul du déficit budgétaire.

La question du financement de la sécurité a également été au centre des débats, hier, la Conférence internationale sur la dette et le développement durable. Pays frappé de plein fouet par cette crise sécuritaire aigue, le Mali, représenté par son Premier ministre, a fait focus sur cette thématique majeure dans les pays africains, particulièrement ceux du Sahel.

A en croire Boubou Cissé, son pays déploie des moyens considérables pour faire face au phénomène du terrorisme. Il déclare: "Le premier des défis auxquels nous sommes confrontés, c'est la sécurité. Il faut voir dans quelle mesure les dépenses faites pour la sécurité peuvent être extraites du calcul de notre déficit budgétaire. Cela va nous arranger énormément, nous pays du Sahel.'' Pour lui, son pays consacre 4 % de son Pib la défense et la sécurité, soit 24 % du budget. "Et c'est en constante augmentation. Nous nous retrouvons donc dans une situation qui ne nous permet pas de creuser davantage. Conséquence: on est tenu de favoriser les dépenses sécuritaires au détriment des dépenses socio-économiques (santé et éducation notamment) pour respecter les termes de convergence. Si nous continuons sur cette lancée, d'ici quelques années, il n'y aura plus d'investissement. Et pas d'investissement, pas de croissance. Un cercle vicieux qui menace le développement du pays''.

Selon M. Cissé, il faut beaucoup plus de financements pour faire face au péril sécuritaire. "Il y a 75 ans, rappelle-t-il, les institutions de Bretton Woods ont été créées pour aider certains pays européens qui étaient en guerre. Des financements colossaux ont été mobilisés pour ce faire. Au Sahel, nous sommes en guerre et il faudra des financements colossaux pour gagner cette guerre. Le Mali tout seul ne peut pas faire face ce défi. C'est une lutte globale. On a d'autant plus besoin de ressources que cette guerre risque d'être longue''.

Macky Sall: "Il n'y a pas de liberté sans sécurité''

Sur cette question de la sécurité, le président de la République Macky Sall se veut clair: "Le présent et l'avenir ne pourraient se concevoir sans sécurité. Il n'y a pas d'Etat sans sécurité. Il n'y a pas de liberté sans sécurité. Il n'y a pas de démocratie sans sécurité, ni de développement sans sécurité.'' Ceci est d'autant plus valable dans un continent africain en proie l'extrémisme violent, aux problèmes en tous genres: trafics humains et de drogue, situation au Sahel... "Or, signale-t-il, l'échelle individuelle comme l'échelle collective, le réflexe naturel de tout corps agressé est de se défendre. L'Afrique ne peut faire l'exception face des groupes extrémistes armés et déterminés faire l'impasse sur des pays entiers''.

A l'en croire, l'investissement et les capacités de riposte des forces de défense et de sécurité deviennent un impératif existentiel, une question de survie. "Face l'agression, Tous les pays sont obligés de s'équiper pour se défendre. Il nous faudra trouver des mécanismes afin de prendre en compte cette situation exceptionnelle. Toutes les ressources dédiées au développement sont déviées l'effort sécuritaire pour ne pas dire effort de guerre. C'est l'une des problématiques de cette conférence'', a signalé le chef de l'Etat sénégalais.

A entendre le président Ouattara, on aurait dit que cette question est loin d'être un problème propre au Mali. Et les chiffres qu'il donne sont assez éloquents ce propos. En effet, pendant que le Mali consacre 24 % de son budget la sécurité et la défense, le Niger y consent15 20 %, la Côte d'Ivoire 8 9 %.

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