RD Congo: comment Joseph Kabila en est-il arrivé l

Fin du suspense. Sous pression de la population, des institutions régionales et de la communauté internationale, le président Joseph Kabila s'est finalement plié la Constitution en se déclarant hors-jeu la présidentielle du23décembre 2018. Et ce après dix-sept années de pouvoir. C'est finalement un homme du sérail, Emmanuel Ramazani Shadary, actuel secrétaire permanent du PPRD qui défendra les couleurs du camp présidentiel travers le Front commun pour le Congo en décembre prochain. «Par cet acte, Joseph Kabila a fait preuve d'un courage politique exceptionnel qui le fait entrer par la grande porte dans le panthéon de l'histoire politique de la RDC», se réjouit Le Potentiel.Et le quotidien congolais de souligner son satisfecit, car c'est bien la première fois de son histoire que ce pays indépendant depuis le30juin1960connaît la perspective d'une transition pacifique.

La décision de Joseph Kabila saluée par tous

C'est donc avec une certaine ferveur et un sentiment de reconnaissance que les adversaires de Joseph Kabila ont qualifié de «victoire» le fait que Joseph Kabila s'engage finalement « quitter le pouvoir». «Pour la première fois, un peuple d'Afrique centrale est parvenu empêcher un chef d'Etat puissamment soutenu par les forces armées de modifier la Constitution et l'a forcé quitter le pouvoir», avance Christophe Lutundula, porte-parole d'Ensemble, la coalition de l'opposant Moïse Katumbi.

«Nous avons gagné une bataille importante mais la lutte continue: celle pour une vraie alternance», a réagi le mouvement citoyen pro-démocratie Lutte pour le changement (Lucha).

La décision de Kabila «doit être suivie par des avancées concrètes en matière des droits de l'homme», a indiqué pour sa part Amnesty International, qui cite l'autorisation des «manifestations pacifiques» et la libération de militants des droits de l'homme.

«Nous sommes encore très loin d'un processus électoral crédible, et beaucoup de choses peuvent se passe d'ici décembre, y compris des délais supplémentaires», a commenté l'ONG Human Ritghs Watch, en invitant au maintien des pressions sur Kinshasa.

Les «partenaires» étrangers suivent de près la situation dans l'immense RDC, que les diplomates perçoivent comme un risque de déstabilisation régionale avec ses 2,3 millions de kilomètres carrés, ses neuf frontières, ses ressources minérales très convoitées et ses multiples zones de tensions.

Les Etats-Unis ont salué la décision de Kabila de respecter la Constitution. «Ce développement est une autre avancée mais il y a bien davantage faire», a déclaré l'ambassadrice aux Nations unies Nikki Haley. La commission électorale «doit prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir au peuple congolais le droit d'exercer son (droit de) vote lors d'élections libres, justes et crédibles le23décembre 2018», a-t-elle ajouté.

Le président Emmanuel Macron a évoqué la RDC avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, a indiqué Paris. «Cette décision n'est pas une surprise, car Joseph Kabila restait très constant sur ce point, mais dans son entourage les opinions n'étaient pas homogènes. Et dans cette région, ce n'est pas la pratique habituelle que de passer la main, c'est plutôt l'inverse qui est la norme. C'est une posture courageuse de Joseph Kabila que d'aller jusqu'au bout de la démarche qu'il avait engagée», confie une source Paris, l'AFP. Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a déclaré qu'il «prend acte» tout en souhaitant un climat «apaisé» pour les prochaines élections afin que les résultats soient «crédibles».

Enormes pressions

Cette décision constitue aussi un pas immense pour cette région d'Afrique centrale et de l'Est où les pays sont dirigés par des présidents qui ont cédé la tentation du troisième mandat, comme le Burundi, le Congo, le Rwanda. Il est vrai que chacun de leurs dirigeants a trouvé la formule idéale comme la modification de la Constitution travers le référendum pour se maintenir au pouvoir. D'autres comme le Cameroun ou l'Ouganda ont leur tête des chefs d'Etat qui en sont leur quatrième, voire cinquième mandat.

Sauf qu'en RD Congo, Joseph Kabila n'a pas......

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