RENTREE UNIVERSITAIRE : La fermeture des restaurants irrite les étudiants

RENTREE UNIVERSITAIRE : La fermeture des restaurants irrite les étudiants

Enqueteplus Le 2019-10-23  Source

La restauration l'université risque encore d'être source de conflits. A Saint-Louis, l'on s'inquiète déj de la reprise des enseignements, surtout que les restaurants sont fermés en raison d'une dette.

Une fois de plus, l'université Gaston Berger de Saint-Louis est confrontée une dette dans le domaine de la restauration. Tout comme hier, les autorités s'inquiètent de ce trou financier qui risque de plomber, dès la reprise, l'atmosphère académique.

Selon le directeur du Centre régional des oeuvres universitaires de Saint-Louis (Crous), Pape Ibrahima Faye, le Crous a une dette d'un milliard 200 millions de francs Cfa aux repreneurs des restaurants. Cela risque de poser problème, si tous les étudiants reviennent de vacances''.

L'université est d'ailleurs coutumière des faits, et le corps administratif parle d'un budget insuffisant. En effet, de 8 milliards en 2018, le Crous s'est retrouvé avec 7 milliards 358 millions pour l'année 2019. Un gap qui, selon M. Faye, va porter préjudice au centre, quant la prise en charge du volet social.

A Dakar, le campus social n'a pas encore ouvert ses portes. Pourtant, dans certains instituts et écoles ainsi qu' la faculté de médecine, c'est déj la rentrée. Une réalité difficile gérer pour les étudiants, surtout que l'université a exigé le déguerpissement de toutes les gargotes aux alentours.

L'année dernière, des manifestations estudiantines ont éclaté dès début novembre. En effet, une dette de six milliards de francs Cfa due aux repreneurs de restaurants, avait mis le feu aux poudres. ""L'ouverture du campus social constitue une question primordiale, parce que la restauration est vitale. Le fait d'ouvrir le campus sans les restaurants, dans une cité qui accueille 100 000 étudiants, fait courir d'énormes risques'', a déclaré le chef du département en charge de la vie estudiantine, Khalifa Diagne, face des étudiants en grève. Pour lui, il était préférable de faire face ces manifestations plutôt que d'ouvrir un campus sans restauration.

A l'en croire, le budget du Coud n'est pas en adéquation avec ses multiples charges. Il devrait donc être revu la hausse. De l'avis du professeur Abdoulaye Fall de la faculté des Lettres de l'Ucad, "cette équation date de Mathusalem. Et si les autorités n'anticipent pas en dégageant une somme conséquente quant la gestion de ces restaurants, on va connaitre chaque année ce problème. Tout est une question de prévision'', affirme-t-il.

Il estime, par ailleurs, que la situation actuelle (endettement) est le résultat de la mauvaise gestion des fonds du Centre des oeuvres universitaires de Dakar sur plusieurs années.

Une assertion corroborée par le dernier rapport de l'Ofnac sorti en 2015, faisant état d'un détournement de 127 millions par des responsables du Coud et de près de 90 millions de francs Cfa directement imputés au directeur d'alors. L'Office national de lutte contre la fraude et la corruption accusait l'ex-Dg, Cheikh Oumar Hann, de "fractionnement dans les commandes de marché, d'octroi de subventions irrégulières, faux et usage de faux et de pratiques de détournement de deniers publics''.

En outre, l'Autorité de régulation des marchés publics a constaté une cession illégale de marché des prestataires privés quant la restauration sur le campus.

De ce fait, la disponibilité des services sociaux au sein de l'université est-elle une question d'insuffisance de budget ou de mauvaise gestion'

Pour l'heure, les étudiants devront, une fois de plus, en pâtir.

EMMANUELLA MARAME FAYE

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