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Reportage : Drame de l'Émigration Clandestine: A qui la faute?

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Reportage : Drame de l’Émigration Clandestine: A qui la faute?
Reportage : Drame de l?Émigration Clandestine: A qui la faute?

SENENEWS.COM ? «Barça wala barsakh», ce slogan qui était le slogan de l'émigration clandestine dans les années 2000 semble refaire surface. En effet plusieurs centaines d'africains qui tentaient de rejoindre clandestinement l'Eldorado européen ont péri dans les cotes méditerranéenes, la semaine dernière.
Et comme d?habitude le Sénégal a payé un lourd tribu dans cette tragédie humaine. Plusieurs jeunes Sénégalais qui espéraient une vie meilleure pour eux et leurs familles y ont laissé leur vie.
Un triste sort non moins pénible qui témoigne de la situation des jeunes au regard de l'emploi qui est plus que préoccupante. Par exemple au Sénégal plusieurs indicateurs le confirment : leur insertion sur le marché du travail est plus que tardive, la précarité de l'emploi et des revenus est bien réelle, la montée de la pauvreté des jeunes est choquante. En effet, dans notre pays, 60 % de la population a moins de 20 ans et les jeunes en âge de travailler représentent plus de la moitié de la population active.

Dans les prochaines années, l'Afrique en général, sera la zone géographique ayant la main d'œuvre la plus importante en quantité devant la Chine et l'Inde. L'un des grands défis à relever aujourd'hui au Sénégal c'est de permettre à chaque jeune d'exprimer son talent, dans un pays où près de 2 jeunes sur 3 est au chômage. L'Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie sénégalaise (A.N.S.D) estime que, chaque année, plus de 100 000 nouveaux demandeurs d'emplois entre 15 et 34 ans arrivent sur le marché du travail. Le taux de chômage global, estimé à 49 % selon l'Agence pour le niveau national, grimpe à 61 % pour les moins de 30 ans.

Des chiffres qui ne présagent guère la fin de cette vague d'immigration clandestine. Un phénomène sociétal qui nous interpelle tous.

Mme Touré estime que «c'est un suicide, rien ne vaut sur cette terre ce périple périlleux. Le conseil que je donne aux jeunes c'est de choisir des moyens de voyage plus sûrs. C'est aussi une preuve du mal être de la jeunesse africaine, plus particulièrement ouest africaine qui est dans une situation désastreuse et sans espoir, la preuve de l?échec de nos leaders et de leurs politiques».

Chez Souleymane Sarr, professeur en histoire, les africains sont responsables de leur malheur : «c'est dommage, encore une fois, on met des œillères pour ne pas voir la réalité et accuser les occidentaux. L'Europe n?est nullement responsable de ce drame malheureux. Les vrais hypocrites, les vrais coupables, ce sont nos dirigeants, mais aussi les parents de ces pauvres naufragés. Comment un homme sensé peut-il donner de l?argent à son fils pour faire un tel voyage. Je pense que l?Europe doit même suivre le conseil du premier ministre australien et refouler toutes les personnes qui utiliseraient un tel moyen de transport et qui demande l?asile. C'est encourager d?autres à faire de même», soutient-il.

Quant à Julie Sammy, étudiante en littérature, l'heure est aux interrogations : «combien de fois faudra-t-il encore dire aux africains qu?ils vont tout droit vers un véritable suicide collectif en voulant se rendre en Europe dans ces embarcations de fortune? Que font les autorités des pays concernés pour arrêter ce décompte quasi-journalier des morts? Que font les autorités sénégalaises?».

Selon Binetou Sèye «cela ne cessera jamais au plus grand jamais, tant que les occidentaux viennent chez nous piller nos ressources, nous diviser, nous imposer leur loi, nous créer des conflits entre nos peuples voisins. Il est temps que nos chef d?états cessent de quémander par-ci par-là, il est temps qu'ils changent de mentalité et de faire face à leur responsabilité».

Du côté de Malick Dème, pompiste impute la faute aux parents de ces jeunes car ce sont eux qui poussent leurs enfants à partir par n´importe quel moyen. Le Sénégalais ne croit pas aux études comme facteur de mobilité sociale. Si dans un passé récent, migrer vers l´occident était rentable, il ne l´est plus aujourd´hui.».

Apportant la réplique à son camarade, Khalil se demande «à quoi peuvent bien servir les études, quand des docteurs en droit ou les ingénieurs en physique sont encore au chômage alors que des gens sans aucune qualification professionnelle entre dans le gouvernement et s?engraissent». Et de poursuivre en dénonçant l'inertie des politiques : «honte aux responsables politiques sénégalais qui se taisent et regardent indifférents la jeunesse désespérée et mourir en pleine mer », déplore t-il.

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