Retraite avant l'âge, mise en demeure de l'inspection du travail : King Fahd Palace, la «Racine» du mal

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L'OBS – Ils vivent une situation difficile. Eux, ce sont ces employés du King Fadh Palace envoyés à  la retraite, de force, par les responsables de l'hôtel qui, malgré une mise en demeure de l'Inspection du travail, campent sur leur position. Une affaire grave, qui confirme la morale de la fable : la loi du plus fort est toujours la plus… forte.Dans le Sénégal d'aujourd'hui, c'est à  se demander si tous les citoyens sont égaux en droits et en devoirs ? S'ils n'existe pas une caste de privilégiés aux poches remplies de billets de banque, qui se soucient de la vie des autres comme de leur première paire de chaussettes. Qui se moquent carrément de la paix sociale de leurs employés ? Sinon, comment comprendre ce qui s'est passé à  l'hôtel King Fahd Palace, où d'honnêtes travailleurs, sept (07) au total, tous pères et mères de famille, citoyens sénégalais au même titre que le chef de l'Etat, sont envoyés à  la retraite sur la base d'un désuet accord de branche, signé en 2005, portant l'âge de la retraite dans le secteur de l'hôtellerie à  56 ans ? Un presque je-m'en-foutisme, que l'inspection du travail a essayé de rectifier, une première fois par lettre en date du 21 avril 2015, rappelant aux responsables de l'hôtel les termes de l'arrêté n°01418 MTDSOPRI/DGTSS du 02 février 2015 approuvant la délibération du collège des représentants, du 23 décembre 2014 modifiant l'article 6 des statuts de l'Ipres, qui porte l'âge de la retraite à  60 ans.Malgré tout, les responsables du King Fahd Palace ont continué cette sinistre et cavalière démarche, envoyant même à  la retraite et dans les mêmes conditions, un certain Mbaye Faye, délégué du personnel de la boîte. Ce qui, au regard de la loi, équivaut à  un licenciement. Or, le licenciement d'un délégué du personnel ne peut être obtenu qu'après l'autorisation d'un inspecteur du travail et de la sécurité sociale. D'où la mise en demeure envoyée au Pdg du King Fahd palace, Mamadou Racine Sy, de le réintégrer, sans délai, à  son poste. Une «injonction» de l'inspection du travail qui date du 09 juin 2015, mais  qui tarde encore à  être traduite en acte. Jusqu'à  hier, «Mbaye délégué», comme le taquinent certains de ses collègues, n'avait toujours pas rejoint son poste de travail au King Fahd. Les choses se seraient même envenimées entre lui et les responsables de sa boîte. «Mbaye Faye a porté plainte contre le King Fahd Palace», a soufflé une source interne. Joint au téléphone, le désormais ex délégué du personnel confirme tout et contre-attaque : «Personnellement, j'ai attendu mon intégration pendant un mois, avant d'aller porter plainte. Ce qui se passe à  l'hôtel King Fahd Palace devait être aujourd'hui le principal sujet de l'actualité au Sénégal, mais malheureusement, personne n'en parle. Ni la presse ni notre ministre de tutelle. Et on sait pourquoi. On pensait qu'avec l'avènement du Président Macky Sall, qui est issu d'une famille pauvre, il y aurait plus de justice dans ce pays. Mais voilà  ! Personnellement, je mène un combat de principe. Un combat contre la scélérate loi du plus fort, contre une tentative d'humiliation. Je veux prouver à  ces messieurs que dans ce pays, il reste au moins une personne digne, capable de leur faire face», a expliqué Mbaye Faye, qui promet d'accorder à  L'Obs une interview-vérité sur le King Fahd Palace.C'est au mois de février 2015 que ces lettres d'admission à  la retraite ont commencé à  être distribuées à  certains employés du King Fadh Palace. Omar Bakhoum (bagagiste), Mbaye Dieng (peintre), Karamoko Diaby (bagagiste), Daouda Biaye (concierge), Mbaye Faye (chef de rang), Caroline Odile Pereira (assistante Dir Ressources humaines) et El Hadji Diawar Ndiaye (Gouvernant Etages), ont tous été forcés à  faire valoir leurs droits à  la retraite. Contrairement à  leur volonté et aux dispositions de la loi sur la retraite en vigueur au Sénégal.Le King Fahd sans voixJoints hier au téléphone pour avoir leur version des faits, les responsables de l'hôtel King Fahd Palace sont restés aphones. Aucune déclaration officielle. Juste quelques confessions officieuses. C'est le Directeur de l'exploitation de l'hôtel, Pierre Mbow, qui a été le premier à  être câblé par L'Obs. Le ton courtois, le phrasé rieur, le «patron» du King Fahd, qui s'est enquis de l'affaire, nous a finalement conseillé de nous rapprocher du Directeur des ressources humaines de la boîte. Joint à  son tour, Fassar Ndour s'est montré, lui aussi, respectueux et très enclin à  parler de cette affaire. «Mais, demande-t-il, laissez-moi le temps d'informer mes supérieurs et de vous revenir.» Chose promise, chose faite. Il nous rappelle quelques minutes après, mais cette fois-ci, c'est pour formuler une question qu'on ne pose pas à  un journaliste. «J'ai discuté avec mes supérieurs, mais ils veulent savoir comment vous avez eu les infos ! ? Est-ce que ce sont les concernés qui sont venus vous voir ou bien ? Fort gentiment, nous lui répondons que si nous lui révélions nos sources, nous ne serions plus digne de confiance. Et serions bon à  nous faire harakiri. «Ok, j'ai compris», rétorque-t-il, promettant de rappeler à  nouveau. Mais depuis lors… Les tentatives de L'Obs d'entrer en contact avec lui resteront vaines. Jusqu'à  l'heure de mettre sous presse.PAPE SAMBARE NDOUR 

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