«SECURISER LE POUVOIR D'ACHAT DES TRAVAILLEURS»
Après sept mois à la tête du département de la micro finance que peut-on retenir de votre bilan d'étapé

Faire un bilan après seulement sept mois d'exercice peut être aisé ou également relativement difficile qui plus est, dans un secteur où nous avons plusieurs acteurs qui ignorent les avantages qu'ils peuvent en tirer. Il s'agissait pour nous, à la faveur de l'élection présidentielle de 2019, de tracer une feuille de route allant dans le sens d'abord, d'harmoniser notre entendement de l'économie sociale solidaire entre les différents acteurs qui composent le secteur. Globalement, ce que nous pouvons dire, après plusieurs mois d'exercice, c'est qu'on a pu avec l'ensemble des acteurs concernés par ce que nous faisons ( la micro finance et l'économie sociale solidaire) voir comment oeuvrer ensemble pour les faire rayonner. Dans le secteur de la micro finance, nous sommes en contact avec l'Association des professionnels du système financier décentralisé mais également avec d'autres structures comme la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest (Bceao), la Délégation à l'entreprenariat rapide (Der) et par ricochet le ministère des Finances et du Budget. Nous avons également été au contact des acteurs de l'économie solidaire à travers une tournée national, il y a quelques mois. Cela nous permis de voir qu'il s'agissait d'acteurs transversaux que nous pouvons retrouver au niveau de tous les secteurs d'activitésnotamment: l'agriculture, la pêche, le tourisméNous avons donc pu avoir des échanges riches notamment sur les défections qui pourraient survenir au niveau de chaque chaine de valeur. Nous avions également posé une réflexion assez approfondie sur la baisse ou l'allégement des taux d'intérêts au niveau des demandes de financement. Et pour couronner le tout, nous avons organisé une grande rencontre internationale qui a réuni des acteurs du Sénégal et ceux d'autres pays pour qu'ensemble, nous puissions partager des pratiques qui se font ici et ailleurs en vue d'une meilleure prise en charge des préoccupations des acteurs.

Au regard de cette multitude d'acteurs transversaux que vous venez de décrire, n'y a-t-il pas un risque de chevauchement ou de confusion'

Il ne peut y avoir ni chevauchement ni confusion dans la mesure où sur l'ensemble des secteurs, il y a des lettres de mission précises. Que ce soit au niveau de l'élevage ou nous avons le fonds d'appui à la stabulation (Fonstab) qui est là pour accompagner les éleveurs. Que ce soit aussi le secteur de l'agriculture où vous avez plusieurs programmes en cours d'exécution. Notre département est un ministère qui non seulement vient en appoint à des secteurs clairement identifiés mais également, c'est un département qui vous permet d'atteindre des résultats escomptés. Puisque comme nous l'avons souligné, «l'économie solidaire, ce n'est pas du financement, c'est un modèle qui vous permet de mieux entreprendre» ce dans quoi vous êtes et d'atteindre des objectifs bien spécifiques.

Quel intérêt y-a-t-il à accompagner ces deux secteurs'

L'intérêt pour nous d'accompagner ce secteur de l'économie sociale solidaire et de le mettre ensemble avec la micro finance, c'est que justement dans la perspective de cette deuxième mandature, Monsieur le président de la République a décidé de faire de l'inclusion économique, sociale et financière un des leviers importants de l'atteinte de l'émergence de notre pays. Si nous voulons faire croître la croissance, il faut nécessairement qu'il y ait des mécanismes de productivité performante. Il faut également qu'il y ait un environnement des affaires propice à l'entrepreneuriat, aussi bien au niveau du privé qu'individuel, tout cela, dans le cadre de nos pays ou la majorité des populations est constituée de femmes et de jeunes qui sont considérés comme des cibles vulnérables. Donc, la micro finance, adossée au modèle de l'économie sociale solidaire, permet d'apporter de meilleures réponses adaptées aux besoins en financement, en renforcement des capacités des différents acteurs. Elle crée les conditions pour chaque personne, de non seulement créer son emploi propre, mais permettre aussi la création de richesses.

Quelques mois après la réélection du président Macky Sall, on assiste à une hausse de certains prix. Comment expliquez-vous cela ?

Nous pouvons considérer qu'en 2012, lorsquele président Macky Sall prenait le pouvoir, tout était urgence. Que ce soit dans le domaine de l'énergie, de l'agriculture (..), tous les secteurs étaient en ébullition. Il a d'abord fallu redresser et entamerla phase de démarrage. Pour cela, l'Etat a consenti plusieurs subventions dans plusieurs domaines. Que ce soit dans le domaine énergétique, dans le domaine de la consommation. Malgré toutes ces urgences, nous avonspu, après 3 à 4 années d'exécution de l'action publique, enclencher des baisses. Nous avons d'abord baissé l'impôt sur le salaire. Ensuite, il y a eu la baisse du loyer, de l'électricité. (..) Malgré toutes les fluctuations qu'il y a eues, l'Etat a toujours pris sur lui de sécuriser les prix de premières nécessités, mais également le pouvoir d'achat des citoyens.

Pensez-vous que l'Etat détient toujours les leviers pour contrôler les prix?

Nous sommes malheureusement dans un environnement où le cours mondial influe à chaque seconde au niveau des pays. Le Sénégal n'est pas une exception. Donc, tous les pays sont impactés par les coûts mondiaux et il est heureux de voir que l'Etat du Sénégal crée les conditions de ne pas subir sévèrement les fluctuations du cours mondial. C'est ce qui nous a permis sur 7 ans d'être sur nos positions.

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