Sénégal Airlines : Les employés en chômage technique

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L'OBS – Le Collège des délégués de la Compagnie Sénégal Airlines a tenu hier une assemblée générale pour informer l'opinion publique de la mise en chômage technique d'une centaine d'entre eux.

«La liste satanique». Telle est la mention apposée par le Collège des délégués sur le mailing envoyé par la direction de Sénégal Airlines à certains de ses employés. L'objectif, les informer de leur mise en chômage technique consécutive aux difficultés que traverse la compagnie aérienne. Moustapha Diakhaté, coordonnateur des délégués : «Plus de 70 personnes sont touchées par cette mesure de mise en chômage technique. Rien ne doit motiver cette mesure, puisque nous sommes en négociations avec la Direction générale.» Entamées depuis quelques semaines, ces discussions avaient pour but de régler les conditions d'une telle mesure. Le préalable, selon les employés, étant d'abord le paiement intégral des 4 mois d'arriérés de salaire, derrière lesquels ils courent depuis janvier. Une situation qui peine donc à s'arranger et qui a poussé la direction à prendre cette mesure de mettre sur la touche, durant deux mois, des collaborateurs en leur versant 25% de leur salaire net. «C'est inadmissible, inacceptable», se sont insurgés les employés qui, par-là, dénoncent aussi la manière peu orthodoxe du mail.

En réponse, le Collège des délégués a promis de s'en prendre au Directeur général, coupable à leurs yeux de succession d'erreurs managériales. «Il a, par devers lui, pris énormément d'argent de l'Etat, de Sénégal Airlines, pour le dilapider, le gaspiller. Nous appelons le président de la République à jeter un coup d'œil sur les contrats de location des avions, de faire l'audit des locations d'avions du pèlerinage. Nous ferons appel au Forum civil pour qu'il se penche sur les comptes de Sénégal Airlines et demande des comptes à Mayoro Racine.» Mais par-dessus tout, le Collège des délégués compte porter l'affaire devant la justice et l'Office nationale de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac). Mayoro Racine devrait recevoir une série de plaintes pour «fautes de gestion, mise en danger de l'outil de travail, défaut de paiement de salaire, tentative de licenciement collectif déguisé et préjudice morale», sans compter que Nafy Ngom Keïta sera invitée à se pencher sur les supposés contrats de gré à gré, dénoncés hier par les employés. «En plein ramadan, il prend la responsabilité de mettre des responsables en chômage technique, alors que l'inspection du Travail avait demandé de surseoir à la décision tant que les contours de cette mesure n'étaient pas connus. Sur les 10 délégués, 7 ont été touchés. Ce qui est contraire au Code du Travail. Si elle n'est pas retirée, le personnel touché considère qu'elle est nulle, de nul effet et illégale», a dit Moustapha Diakhaté. Qui a fait savoir que l'assemblée accordait un ultimatum de 48 heures pour que cette décision soit retirée, à défaut, tout le personnel compte se mettre en chômage technique.

AICHA FALL THIAM

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