Sénégal : La Culture ramenée du simple folklore

Nos peuples n'ont jamais refusé le développement. Nos peuples ont donné une idée très précise de ce qu'ils veulent: la bonne éducation, la maitrise de la science et des techniques, le progrès social et démocratique, l'unité, la paix. Berceau de l'humanité et de la civilisation, l'Afrique a élaboré des philosophies de lettres et de l'environnement, qui apportent plus que tous les sommets soporifiques mondiaux sur l'environnement et sur une paix introuvable.

Mais, comme on a choisi d'enivrer nos peuples de chants et de danses, par le balafon, la kora, le bougueur, bonbonlong, le tabala, le dioung-dioung, le ndeund et autres, depuis nos indépendances, on ramène la culture alors du simple folklore. Ainsi, en est-il de tous ces regroupements dits culturels où on chante et danse, on danse et chante, tous les jours, les soirs, alors que le piège est posé, que les empires culturels français ou américains nous guettent, que la terre tremble et se fissure sous nos pieds.

Dès lors, la question que nous posons aux organisateurs et acteurs des biennales et festivals dits culturels, célébrés en grande pompe dans notre continent, est celle-ci: qu'ont-ils apporté ces peuple exempts, piégés agressés et broyés par les problèmes de la vie quotidienne dans leur volonté d'aller de l'avant, de se libérer des mentalités archaïques, pleurnichardes, adeptes de la mendicité?

Nos braves travailleurs, paysans, artisans, élèves, étudiants, ont-ils été conviés ces fêtes' Ou alors, où sont leur réflexion'

Il est temps, il est grandement temps de changer de lunettes, que nos autorités comprennent et fassent comprendre leur peuple que la culture est, et restera toujours un mouvement dynamique conscient, qui permet de se mettre en marche en vue de s'approprier toute culture de combat pour aller l'assaut de la citadelle du savoir, en vue de marcher au même rythme aujourd'hui que ceux qui dirigent le monde.

La culture est donc ce qui permet d'être en marche, de réveiller le bâtisseur de Nation, d'empire, le savant qui dort en chaque être. Il ne saurait être encore une fois uniquement chants et danses, expositions, ni uniquement le passé.

Cela, nos organisateurs doivent le savoir, les biennales doivent en tenir compte pour le bonheur des peuples d'Afrique car il y a longtemps, très longtemps, qu''on parle, chante et danse sous le ciel assombri d'Afrique qui, portant, dort encore du sommeil profond du juste. Si c'est cela être réaliste, il est encore temps d'être irréaliste.

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